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09/10/2012

Comment voter quand on ne sait pas lire ?

Lire.gifL’enjeu reste de taille. A l’échelle mondiale. Comme le rappelle l’Unesco (à l’initiative de la journée internationale de l’alphabétisation), "comprendre le monde" et "jouir d’une réelle liberté" sont gages de paix, de développement, d’épanouissement, de bien-être.

Si l’enjeu est de taille au niveau mondial, il l’est tout autant à l’échelle locale aussi. Ce qui explique que, cette année, le secteur de l’alphabétisation en province de Luxembourg a décidé d’aller à la rencontre des candidats, élus potentiels des prochaines élections communales. Pas moins de dix-neuf petits déjeuners ont ainsi été organisés du 8 septembre au 22 septembre inclus.


L’objectif ? "Rappeler que celles et ceux qui sont proches de la population ont en leur possession les leviers du développement local. Ils peuvent décider, par les politiques qu’ils mettent en place, de soutenir le droit de tous les citoyens à l’accès à l’information et à la formation. En ce compris, celles et ceux qui ne savent pas lire, en le comprenant, un texte simple en rapport avec leur vie quotidienne", explique Rita Stilmant, directrice de Lire et Ecrire Luxembourg.

Les candidats des listes de vingt-trois (sur quarante-quatre) communes luxembourgeoises ont été invités à marquer un temps d’arrêt pour réfléchir, débattre avec les apprenants, les administrateurs, les travailleurs de Lire et Ecrire Luxembourg, du Miroir Vagabond et du Centre Alpha. Pourquoi ce choix de vingt-trois communes (Libramont, Virton, Arlon, Florenville, Barvaux, Vielsalm, Herbeumont, Bastogne, Bertrix, Neufchâteau, Athus, Paliseul, Marche, Hotton, Martelange, Bouillon, Wellin, Saint-Hubert, Meix-devant-Virton, La Roche, Manhay, Erezée et Rendeux) ?

"Les trois associations sont intervenues, d’une part, dans les communes hébergeant une antenne de formation, d’autre part, dans des entités avec lesquelles le secteur de l’alphabétisation souhaite amorcer ou accentuer des actions en faveur d’une prise en compte des besoins de tout citoyen quels que soient ses contraintes, compétences, statut, projets." Le fait qu’aucun petit déjeuner n’ait été organisé dans les autres communes "ne signifie nullement que le secteur de l’alphabétisation s’en désintéresse, encore moins qu’aucune collaboration, partenariat n’existe avec ces entités". Les associations ont posé un choix tributaire du dispositif de formations existant, des indicateurs socioéconomiques en leur possession, de la provenance des apprenants évoluant dans les groupes, des besoins identifiés, des pédagogies privilégiées dans le secteur.

 

Deux grosses semaines durant, les apprenants, administrateurs, travailleurs du secteur de l’alphabétisation et les candidats aux élections communales, ont donc fait l’expérience de la démocratie participative. "Un exercice passionnant. Une démarche citoyenne essentielle et légitime dont le terreau n’est autre que des options politiques privilégiant, au quotidien, l’accès à l’information, à la formation, à la connaissance, de manière à soutenir la compréhension, l’analyse critique, l’action pleinement choisie, voire l’engagement et la vision collective." L’enjeu reste de taille. Et l’avenir dira si les futurs élus passeront de l’attention et des promesses aux actes.

M. VDM.

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