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09/10/2012

A Waterloo, la voiture est reine

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Waterloo compte plus de 7 véhicules par 10 habitants. La mobilité est le point noir de cette voisine de Bruxelles, qui souffre aussi d’un traficde transit.


Il est un peu plus de 6h30 et la gare de Waterloo accueille ses navetteurs, encore ensommeillés. Près du parking qui se remplit, un petit bus aux couleurs des TEC fait un bref arrêt. Cette navette gratuite réalise "des boucles" entre les quartiers résidentiels ou d’affaires de Waterloo et la gare. Parmi les plus fréquentés de Wallonie, ce "Proxibus" est le résultat d’un partenariat entre les TEC et la commune qui paie 55 000 euros par an. A cette heure, il embarque les Waterlootois travaillant à Bruxelles, comme cette dame sans permis, qui va prendre son bus dans le centre : " Cela m’évite trois quarts d’heure à pied ." Ou cette usagère, qui se rendait auparavant à la gare en voiture. A cet autre habitué, cela permet d’échapper aux embouteillages : "Aller à Bruxelles en voiture, non ! Si je me lève cinq minutes trop tard, je mets plus d’une heure. Et dans Waterloo même, il y a aussi des bouchons, le matin et l’après-midi…"

Car aux heures de pointe, sur la N5 qui rejoint la capitale, c’est un flux ininterrompu de véhicules. Tandis que les zones de bureau attirent aussi les auto(imm)obiles, tout comme les environs des écoles (6 000 élèves). Sans oublier les accès au Ring, qui drainent, eux, les automobilistes des communes avoisinantes… Outre ce trafic de transit, les auteurs du plan de mobilité commandé par la commune durant cette législature mettaient aussi en évidence un taux de motorisation record. Plus de 7 véhicules pour 10 habitants ! "Je n’avais jamais vu un tel chiffre , se souvient Laurent Rousseau, du bureau Egis Mobilité. Avec une commune comme Waterloo, de taille un peu critique, c’est difficile d’avoir des transports publics performants. Il y a aussi l’étalement des lotissements. On n’a pas vraiment d’outil pour contrer l’utilisation de la voiture. On ne peut que jouer sur les déplacements externes, par exemple, de Waterloo vers Bruxelles." Majorité et opposition s’accordent d’ailleurs. La mobilité est le point noir de cette commune proche de Bruxelles et c’est aussi un problème complexe. "La mobilité c’est un problème général en Brabant wallon, co nstate le bourgmestre Serge Kubla (MR). A Waterloo, on a le trafic de transit, une masse de véhicules locaux vu la sociologie, les voitures vers les commerces (800) qui sont une force d’attraction… Waterloo, c’est aussi 2 200 ha coincés par le champ de bataille, la forêt de Soignes, le chemin de fer. On est coupé par la N5, les trois sorties du Ring. Et il y a la structure de l’habitat. On ne peut pas sacrifier des rues, et faire en sorte que tout passe par là…"

Dans l’opposition, on reconnaît "qu’il n’existe pas de solution miracle" . Et on approuve le Proxibus et le réaménagement de la N5 dans le centre au profit des piétons. "Mais Waterloo est l’une des communes les plus densément peuplées du Brabant wallon. La majorité a voulu une ville, elle a les problèmes d’une ville, lâche le conseiller Roger Van Poucke (tendance CDH). Et le bourgmestre veut encore rajouter des commerces…" Plus de commerces, c’est aussi plus de voitures, craint le FDF. "Plus on construit de parkings, plus il y a de voitures dans le centre et inversement", ajoute Lise Jamar, d’Ecolo. Les parkings doivent-ils rester gratuits ? Une tarification était suggérée par Egis, mais Serge Kubla, qui craint pour le dynamisme local, l’exclut. Pour Lise Jamar, il ne devrait pas y avoir de "tabou" .

Comme l’opposition, le PCM demandait aussi plus d’aménagement cyclistes et piétons pour les courts trajets, vu "la configuration assez compacte" de Waterloo. Et de nouveaux axes routiers ? Mauvaise idée. Il ne faut pas fluidifier le trafic, mais "l’ apaiser" en sécurisant les routes existantes dit M. Rousseau. Serge Kubla, lui, accorde à l’opposition que le PCM pourrait se concrétiser plus vite. Mais des efforts sont en cours. "En terme de mobilité douce, la grande difficulté est de relier les tronçons." Sans oublier que certaines routes sont étroites, ou dépendent de la Région. Ceci vaut aussi pour les aménagements à la N5 ou le Ring… "On songe à un deuxième Proxibus, dit Serge Kubla. Et je veux que les piétons, les cyclistes soient en sécurité. Ceci étant, ne rêvons pas : la chaussée de Bruxelles (N5), c’est 25 000 voitures par jour…" Quant au développement immobilier, les projets futurs ne modifieront "pas structurellement" la situation. "Et en vingt-cinq ans, Waterloo n’est passée que de 25 000 à 29 600 habitants…" Alors, rien à faire pour améliorer la mobilité ? "Si, i l faut additionner chaque mesure potentielle. Il faut des solutions pragmatiques; il n’y a pas de solution magique ." Exemple : un petit aménagement routier a permis de réduire les files de voitures à la sortie d’une école.

Pour Laurent Rousseau : " Cela dépend surtout de la définition ! Si améliorer signifie fluidifier davantage, ce serait une catastrophe. Ce serait aberrant d’aménager l’espace urbain pour accueillir les voitures que n’accepte plus le Ring ! Et si il y a une fluidification, d’autres véhicules viendront reproduire la situation ! Pour moi, il s’agit d’améliorer les modes alternatifs. Le Proxibus est, par exemple, une bonne chose, mais il pourrait aller plus loin et être plus fréquent. De manière générale, si on arrivait à diminuer de 10 % l’usage de la voiture, actuellement à 70 %, ce ne serait déjà pas négligeable. La mobilité, c’est quand cela déborde avec la goutte de trop, que cela pose problème. Ce qu’il faut, c’est rechercher l’équilibre pour que le système soit efficace…"

La cité pourra aussi compter avec l’arrivée du RER. " C’est une fameuse opportunité pour Waterloo ." Celui-ci devrait faire doubler l’usage du train chez les Waterlootois. Patience : le RER n’est pas annoncé avant 2020…

Sophie Devillers
Photo: Johanna de Tessières

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