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06/10/2012

Un vote juif, très belge mais communautaire

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Leur "belgitude" ne souffre pas l’once d’une contestation : la communauté juive est aussi vieille que la Belgique et bien avant notre indépendance elle participa au développement de nos contrées. On rappellera ainsi que le Consistoire central israélite existe depuis l’époque napoléonienne. Cela n’empêche pas les citoyens d’origine juive de voter encore dans une large mesure aujourd’hui pour des candidats qui mettent aussi les valeurs du judaïsme en exergue. Pas nécessairement juifs eux-mêmes : en fait, le monde politique sait que c’est un public électoral auquel il est bon de rappeler son existence et sa sympathie. Et c’est ainsi que lors de chaque nouvelle année juive mais aussi lors des grandes fêtes, des politiques de tous bords et de tous horizons n’hésitent pas à insérer des placards dans les médias communautaires pour exprimer leurs voeux.


Shana Tova 5773 le "bonne année" de l’année hébraïque se décline donc de diverses et très pluralistes manières tant dans "Regards", le magazine du Centre communautaire laïc juif que dans "Contact J" qui s’adresse aux amis (plus à droite) du Cercle Ben Gourion. Les amis des juifs de Belgique sont plutôt proches des partis conservateurs mais cela n’empêche pas Charles Picqué et son chef de cabinet Benjamin Cadranel, respectivement candidats à St-Gilles et à Uccle, d’avoir aussi une page électorale dans lesdits magazines.

Et on ne fera pas l’injure aux plus anciens de rappeler qu’au XXe siècle, nombre de juifs belges étaient communistes et ne manquèrent pas de se battre pour leurs idéaux notamment dans la résistance.

Cela dit, il est exact que le MR et dans une certaine mesure le FDF accueillent un grand nombre de candidats d’origine juive. Parce que le PS serait plus acquis à capter les voix arabes ? Si l’on examine la situation dans les communes les plus pauvres de la région, à fort taux d’immigration, on serait tenté de l’écrire mais il y a des exceptions : Yves Goldstein qui se présente aux côtés de Laurette Onkelinx à Schaerbeek. Le "numéro deux" s’est du reste fait insulter par la liste "Egalité" qui l’a présenté comme un sioniste.

Voilà qui nous amène à nous focaliser sur un autre aspect de la campagne électorale : comme l’expliquait le politologue de l’ULB Pascal Delwit dans la dernière livraison de "Regards", au-delà de problèmes typiquement communaux et locaux comme le chômage, le logement, l’aménagement du territoire, d’aucuns sont aussi tentés d’injecter des questions tout à fait externes comme la crise du Proche-Orient. Et cela s’est répercuté tout naturellement sur la campagne.

L’historien et également professeur à l’ULB Joël Kotek va plus loin : "L’implication des candidats d’origine juive est simplement le reflet de la communautarisation de la politique bruxelloise où les partis choisissent les candidats selon leurs origines ethniques et non sur leur militantisme". Kotek est certes sévère mais reconnaît que certains de ces candidats tels Yves Goldstein (PS) ou Viviane Teitelbaum (MR) sont "légitimement candidats parce que leur combat est de longue haleine et certainement pas basé sur une découverte faite tous les quatre ou tous les six ans" Assez étonnamment, l’on pourrait penser que les électeurs juifs jaugent aussi les candidats sur des dossiers précis comme par exemple la discussion promise depuis cinq ans au Sénat sur le rapport du Ceges autour de la Shoah belge. Certes c’est une problématique qui dépasse les communes mais voici 70 ans c’est d’elles qu’étaient partis les vrais problèmes de collaboratio...

C. Le.

Photo: Reporters

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