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05/10/2012

A Lasne, Uyttendaele (PS) ne veut pas renoncer

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A Lasne, le parti socialiste n’a plus obtenu d’élu depuis 1994. Face à des libéraux ultra-dominants, la candidate Nathalie Uyttendaele, belle-sœur de Laurette Onkelinx, y croit tout de même.


Entre les Mini Cooper et les SUV foncés garés dans le centre de Lasne, la 2CV rouge vif, aux couleurs du parti socialiste, ne peut que trancher. Une façon de travailler la visibilité pour les trois candidats PS qui se retrouvent ce matin pour distribuer leurs tracts au marché de Lasne. Avec une section locale d’environ quarante membres et 2 000 euros de budget de campagne, difficile de battre le MR et ses multiples affiches sur son terrain… "Au MR, ils mènent entre eux la guerre des panneaux. Chez nous, non : au-delà de la deuxième place, personne n’a aucune chance d’être élu !", glisse un des candidats. Car même si le PS présente une liste à chaque élection, il n’a plus obtenu d’élu depuis… 1994 ! A Lasne, le MR détient 17 sièges sur 23. Et la première force d’opposition est une liste dissidente libérale, Ecolo et le CDH se partageant les 3 sièges restants. En 2006, le PS avait obtenu 6 %.

"Ce n’est pas facile d’être socialiste à Lasne", résume Nathalie Uyttendaele, 43 ans, qui se présente pour la seconde fois aux communales. A ses débuts en 2006, son nom ne pouvait qu’attirer l’attention. Elle est la sœur du constitutionnaliste Marc Uyttendaele, et donc la belle-sœur de la ministre fédérale PS Laurette Onkelinx. Mais si cette native de Lasne est rentrée en politique, ce n’est pas à leur demande, assure-t-elle. "Des amis, à l’USC de Lasne, m’ont dit : au lieu de discuter toujours politique, présente-toi." Ce qui n’a pas réjoui ses parents - lui avocat, elle magistrate - des Lasnois aux opinions… libérales. " Je suis privilégiée, j’en suis tout à fait consciente. Mais on n’a pas le droit de ne rien faire. Je veux m’impliquer pour une justice sociale…"

Celle qui est aussi avocate pro Deo prend son courage à deux mains - "Je suis timide, mais je commence à avoir l’habitude des campagnes" - et aborde le chaland. " Bonjour, je suis Nathalie Uyttendaele, deuxième sur la liste Progrès, je peux vous donner notre carte ?" L’électrice potentielle, booties de daim assorties au sac à main, jette un œil à la couleur, fait une grimace d’excuse, tout en continuant son chemin. Elle votera MR. Tout comme la suivante, pour qui "le MR fait du bon travail" . Difficile d’arriver avec des arguments ciblés, admet la candidate : "Les soirées "Tupperware" sont plus adaptées au débat d’idées. Mais, ici, le but, c’est montrer que le PS existe à Lasne." Ou plutôt "Progrès". Au fil des élections, le nom est passé de "Lasne +" au "PS". Sans plus de siège à la clé. Cette fois, ce sera "un e liste de rassemblement" de gens " de gauche, laïques, progressistes" . "Bon, c’est un peu "Canada Dry", mais c’est stratégique…" Quant au programme, pas question d’édulcorer : " On a voulu revenir aux vraies valeurs."

Devant l’échoppe de fleurs, un homme au look de chef d’entreprise en congé - ce qu’il est - accepte la carte. Mais avec un sourire ironique. "Le PS, c’est un parti qui doit disparaître, il n’est plus adapté à notre époque, dit-il en aparté. Il pourrait même nuire ici, vu la façon dont il gère la Wallonie. Et les gens en venant à Lasne payent pour être dans cet environnement élitiste, privilégié. Ils ne veulent pas que ça change…" La vice-présidente de l’USC de Lasne, elle, repart au combat. "Ah mais oui, je connais votre nom, lui lance cette dame âgée . Je connais la maman, et je lis aussi les journaux. Je préfère voter pour un nom que je connais . Mais au MR, je les connais aussi…" La tête de liste Philippon Toussaint reconnaît que le nom de sa colistière est un atout important. "Mais avec Nathalie, il y a un réel engagement. Ce n’est pas Reynders à Uccle !" Dans les électeurs abordés au marché, peu font le lien avec les célèbres membres de la famille. Comme cette dame, critiquant en vrac la politique Di Rupo, et le fait que les ministres "comme Laurette Onkelinx" passe d’une compétence à l’autre. On lui apprend le lien. "Aïe, la gaffe." "Mais non, vous faites bien de vous exprimer" , temporise son interlocutrice. " J’espère bien" , réplique l’autre. Son patronyme, Nathalie Uyttendaele affirme n’en faire " ni une marque de fabrique ni un déni ". Quant à faire campagne avec sa belle-sœur à Lasne : " C’est quelqu’un que j’adore, mais ce serait trop se rapprocher du népotisme. Chacun doit faire son trou. Et puis lorsqu’elle est ici, c’est pour se reposer… " La maison que possède la ministre à Lasne fait polémique à Schaerbeek, où elle se présente aux communales. "Plein de politiques ont une seconde résidence. On ne leur dit rien, s’enflamme la candidate. Notre famille est d’ici, et a un attachement profond à Lasne. Elle (Onkelinx) est très peu là. Ils viennent ici pour se détendre, le week-end. Elle est à Schaerbeek la semaine, rentre à 2h du matin après un conseil des ministres, avant de repartir quelques heures plus tard… Elle a paradoxalement davantage de visibilité à Lasne alors qu’elle y est moins …"

Plus loin, le groupe est enfin accueilli avec enthousiasme : un couple - infirmière et chauffeur - le revendique : " Nous, on vote PS, par conviction ! Même si on nous regarde comme des bêtes rares !" Même si Nathalie Uyttendaele sait qu’elle a peu de chances d’être elle-même élue, elle continue à rêver à une présence au conseil pour son parti. "On ne peut pas renoncer. C’est une question de débat démocratique. Nous voulons contrôler ce qui se passe, argumente Nathalie Uyttendaele. Et il y a bien une base socialiste à Lasne. Elle est petite mais elle existe, plutôt chez les seniors… Le PS est nécessaire, il y a aussi des démunis ici. Un divorce, ça peut être un cataclysme économique… On veut aussi des crèches, de véritables logements sociaux… " Le logement, et l’exil des jeunes vu le coût de l’immobilier, c’est un des chevaux de bataille du parti. Avant de repartir, le groupe s’adresse à une jeune maman, moulée dans un jean griffé. "Si vous voulez que vos enfants puissent vivre à Lasne plus tard, il faut que ça change…" Elle admet avoir eu des difficultés à pouvoir continuer à vivre ici. "Je n’ai pas encore fait mon choix, je garde votre carte…"

Sophie Devillers
Photo: Jean-Luc Flemal

Commentaires

Faire campagne en 2CV, pour contrer les Mini? Un peu simpliste: entretenir une 2CV, acquérir les pièces détachées, le fait que ce ne soit pas très écolo vu la pollution que ça dégage ( pas la même technologie à l'époque) c'est pour moi ridicule. Il faut avoir pas mal de sous, se soucier vraiment beaucoup du "avoir l'air", et c'est pour moi, de la poudre aux yeux! C'est ça être socialiste? Coûter chez pour le look et polluer la planète? Une campagne qui prend les gens pour des débiles!

Écrit par : satheen | 05/10/2012

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