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04/10/2012

Linkebeek: En campagne avec Damien Thiéry

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Linkebeek. Ses rues pavées, ses airs de village bucolique, sa gare, son église et son bourgmestre non nommé dont la seule évocation suffit à faire bouillir le sang de tout ceux qui rêvent d’un ring en jaune et noir, débarrassé de ses "arrogants fransquillons".


Avec ses 4 800 habitants, et la tranquilité qui caractérise le lieu, on pourrait croire que la vie de bourgmestre se rapproche ici de celle que l’on peut avoir lorsqu’on est à la tête d’une bourgade rurale de Wallonie. Mais pour avoir commis l’"affront" d’envoyer, en 2006, des convocations électorales en français, Damien Thiéry a passé les six dernières années à opposer un bras de fer politique et juridique à deux ministres flamands qui ont toujours refusé de le nommer dans sa fonction.

Cet affront et ce châtiment ne l’ont rendu que plus populaire parmi les habitants francophones de sa commune. "Je n’ai pas vraiment besoin de faire campagne", affirme-t-il, sûr de lui. "Je crois que les habitants de Linkebeek peuvent être satisfaits du travail qui a été le nôtre ces six dernières années. S’ils ne le sont pas, ils peuvent toujours voter pour la liste néerlandophone." Une liste qui, lors des dernières élections, n’a obtenu que deux sièges sur les 15 que compte le conseil communal.

C’est donc à... Charleroi que nous retrouvons Damien Thiéry. Charleroi, étape parmi d’autres d’une grand marathon électoral qui l’amène à sillonner la partie francophone du pays pour apporter son soutien à tous les candidats FDF qui s’y présentent.

Le rendez-vous est fixé à 11h, devant le bistro "La Terrasse", boulevard Jacques Bertrand. Nous sommes dimanche. Et aujourd’hui, comme tous les jours dédiés au Seigneur, c’est marché dans la cité du Marsupilami.

Sur la place du Manège, ça sent bon le poulet rôti. La foule se presse autour des échoppes de vêtements bon marché et de produits du terroir. Et avec ce soleil en invité surprise, les militants FDF ne pouvaient espérer mieux pour aller sensibiliser les carolos à la cause francophone.

Ponctuel, Damien Thiéry arrive à la Terrasse et salue le petit groupe vêtu de vestes grises et d’écharpes amarantes. Il y a là Henri Horny, tête de liste pour les communales à Charleroi. A ses côtés, notre ancienne consœur de RTL Dominique Delescaille, 2e sur la liste, ainsi qu’une dizaine de militants. Le FDF à Charleroi ? "Ça n’a rien d’anormal", explique Damien Thiéry. "Nous avons des valeurs en matière de bonne gestion, de sécurité et de propreté, notamment, qui sont applicables à l’ensemble du pays." Pas question donc de limiter ses ambitions à Bruxelles et à la périphérie. Encore faut-il parvenir à convaincre l’électeur carolo.

C’est parti pour le bain de foule. Tout sourire, Henri Horny mène le cortège et distribue les tracts aux passants qui en ont déjà plusieurs, d’autres couleurs, callés dans les sacs de provisions ou dans la poussette du gamin. En cette période électorale, le marché est littéralement pris d’assaut par les partis politiques. Certains ne se privent d’ailleurs pas d’exprimer un certain ras-le-bol face à tant de sollicitation. "Je reste persuadé qu’on ne gagne pas beaucoup d’électeurs dans ce genre d’endroit", explique Damien Thiéry. "Ça n’empêche pas qu’il faut tout de même être présent." Dommage toutefois que son visage ne soit guère familier aux habitants du cru. La présence d’Olivier Maingain aurait peut-être suscité plus de curiosité. "Contrairement à moi, tout le monde le reconnaît immédiatement. Mais, quand j’explique en Wallonie que je suis un des bourgmestres non nommés de la périphérie, les gens savent tout de suite de quoi je parle. Même si on n’est guère concerné par BHV ici, on sent que la N-VA fait peur partout. Et nous, au FDF, nous sommes un vrai rempart contre la N-VA."

A côté de l’échoppe à saucissons d’Ardeche, la tente Ecolo s’offre une belle visibilité sur le marché. Les FDF s’y arrêtent et entament la discussion avec les militants verts, échangeant leurs bons conseils pour tenir le coup pendant la campagne. "N’oublie pas, toujours un verre d’eau entre deux chopes", glisse l’Ecolo Xavier Desgain à Henri Horny. Les éclats de rire fusent. On s’échange les tracts et on poursuit la balade.

Voici la place Charles II. La foule devient moins dense, et la présence politique se renforce. Devant la Maison du peuple, le Parti socialiste a sorti la grosse artillerie. Les militants distribuent les tracts avec une grande perruque grise, imitant la coiffure d’Yves Lardinois, tête de liste au provincial, ce qui suscite l’hilarité générale. Alors qu’il s’apprête à saluer amicalement ses adversaires, Damien Thiéry est interpellé par deux syndicalistes de la CGSP cheminots.

La discussion s’engage sur la dette de la SNCB et la privatisation du service public. "La réforme de l’Etat n’a rien solutionné", explique Damien Thiéry. "Les francophones n’auront bientôt plus d’argent du tout." Entre le bourgmestre frondeur et les ouvriers du rail, les convergences se tissent naturellement. "Je vais vous inviter à parler au prochain congrès du FDF", finit-il par leur lancer en boutade. Les deux hommes sont partants.

Midi trente, la ballade sur le marché de Charleroi s’achève. Retour à la Terrasse pour une bonne bière, bien méritée. Damien Thiéry, lui, retourne à sa voiture pour prendre la route de Fourons. Comme chaque année, c’est la fête du peuple fouronnais. Le bourgmestre de Linkebeek doit y prononcer un discours de solidarité. Le lendemain ce sera Wemmel, puis Hoeilaart. Vivement la fin de la campagne, pour retrouver la tranquilité linkebeekoise.

Grégoire Comhaire
Photo: Jean-Luc Flémal

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