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04/10/2012

Hams-sur-Heure/Nalinnes: L’autre "social" du Neuilly carolo

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Je ne fais pas de l’antisocial. Simplement, je fais du social autrement." Le député MR Yves Binon, dans son bureau de bourgmestre de Ham-sur-Heure/Nalinnes, l’avance avec un sourire faussement modeste. D’année en année, sa commune est en compétition avec sa voisine, Montigny-le-Tilleul, également gérée par une coalition MR-CDH, au hit-parade des communes les plus riches de Wallonie.


Avec près de 14 000 habitants en périphérie confortable du sud de Charleroi, cela ne l’empêche pas, dit-il, de concevoir et de mener la politique sociale qu’on attend de lui : son budget en équilibre le dissuade de thésauriser comme de se lancer dans de folles dépenses. Il ne dissimule pas son agacement, face au diktat de la Région wallonne et de son ministre du Logement, l’Ecolo Jean-Marc Nollet qui veut le contraindre à construire des logements sociaux à concurrence de dix pour-cent des habitations existantes. "Ce n’est pas envisageable parce que ce n’est pas réaliste", tranche-t-il. Avec ses 6 000 maisons, cela obligerait la commune à bâtir 600 logements sociaux. "Où voulez-vous que j’aille trouver de quoi faire construire tout cela ?", interroge le bourgmestre.

Il évoque les 79 habitations sociales bâties dans le quartier des Hayettes à Cour-sur-Heure, mais il imagine mal d’en doubler la capacité, sauf à créer une excroissance qui déséquilibrerait le village. Il rappelle aussi que l’ancienne gare de Ham-sur-Heure a été reconvertie en logements, et que deux autres sont prévus dans le quartier du Bultia, à Nalinnes. Pour le reste, son raisonnement tient en quelques mots : "Pour construire des logements sociaux, il faut des terrains, et la commune n’a pas le patrimoine qui le lui permettrait. Il faudrait acheter du terrain privé, et le prix du terrain est de 100 à 120 euros le mètre carré. Comment voulez-vous, dans ces conditions, faire du logement social, avec un loyer plafonné à 250 euros par mois ? C’est strictement impossible !"

A quoi il ajoute qu’il ne s’agit pas de mauvaise volonté de la part d’une commune qu’on voudrait caricaturer en la faisant passer pour antisociale : "Il faudrait revoir les critères d’attribution de ces logements. Un couple qui habite actuellement chez nous dispose de revenus trop élevés pour pouvoir bénéficier de logements sociaux. Ce sont donc des candidats locataires venus d’autres communes, avec des revenus moins élevés, qui nous arriveraient. Ou alors, il faut que le ministre Nollet accepte de revoir les critères d’attribution, avec une priorité possible pour nos habitants".

Pour sa défense, Yves Binon évoque aussi l’implication de sa commune au sein de la société de logements du "Foyer de la Haute-Sambre" aux côtés de Lobbes, Merbes, Erquelinnes et Thuin. Pour lui, un investissement lourd, basé sur l’achat de terrains privés hors de prix, grèverait lourdement le "Foyer", qui ne pourrait s’y résoudre.

Il n’empêche, le bourgmestre hamois n’en démord pas : sa commune "fait du social", à sa manière. Les "articles 60" sont mis au travail dans la commune, 25 % du personnel ouvrier communal proviennent de ce circuit social, et les chiffres de chômage affichent un chiffre record . de 258 chômeurs complets indemnisés. Yves Binon y voit la confirmation d’une opinion qu’il martèle, face aux menaces de rétorsion de la Région : "Nous demander de construire 600 logements ne correspond à aucune demande réaliste", scande-t-il.

Philippe MacKay
Photo: Christophe Bortels

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