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26/09/2012

Marcourt : "Thierry Giet doit rester"

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Le pays et le PS ont besoin de stabilité : Thierry Giet doit rester à la présidence du PS "

C’est Jean-Claude Marcourt, l’influent ministre wallon de l’Economie qui s’exprime ainsi. Rien de plus naturel, direz-vous qu’un ministre souhaite que son président de parti reste en place Sauf que lorsque Thierry Giet avait été élu président, faisant fonction, Marcourt - et il n’était pas le seul - dit que cette étrange disposition devrait être évaluée au lendemain des élections communales.


L’homme a visiblement changé d’avis. Pourquoi ? " A l’époque, j’avais souligné que la procédure particulière était due à deux éléments : un, nous étions à la veille d’une campagne électorale communale; et deux, nous sortions d’une très longue crise politique. Le premier élément va s’achever le 14 octobre. Et je considère que le pays et le PS ont besoin de stabilité. Dès à présent, je considère que Thierry Giet doit rester président du parti. Se lancer dans une campagne électorale au lendemain du scrutin communal, ce serait prendre le risque d’une division à l’intérieur du parti ."

Pourquoi dire cela avant de connaître les résultats du scrutin du 14 octobre ? N’est-ce pas cet élément-là qui, précisément, devait permettre de dire si M. Giet avait été convaincant, percutant ? " Son rôle est difficile. Il le remplit à la satisfaction de tous. Il assume pleinement et de mieux en mieux son rôle. Les exécutifs régionaux et fédéraux ont eux aussi besoin de stabilité. Les éventuelles perturbations ne pourraient avoir qu’un effet négatif sur l’action des gouvernements", estime le ministre wallon.

Si Jean-Claude Marcourt rentre ainsi dans le rang, est-ce parce qu’il a eu l’assurance qu’il y aurait des changements à la tête du gouvernement wallon où d’aucuns le verraient bien succéder à brève échéance à Rudy Demotte ? La question fait rugir l’intéressé : " Je ne rentre pas dans le rang ! Je fais ce que je dis. Face à une crise qui s’installe de plus en plus tous les jours dans notre pays, la population ne comprendrait pas que le monde politique - et en particulier le parti qui a le plus de responsabilités à Bruxelles et en Wallonie - s’occupe de choses qui ne sont pas essentielles. L’essentiel, c’est le redressement du pays et les réponses concrètes aux défis sociaux et économiques ."

Le Parti socialiste semble donc prêt à prendre le risque d’aller au combat électoral en 2014 - autrement plus dur, plus essentiel en termes d’enjeux - avec un président faisant fonction ? " On vit dans un monde réel Avec son style, son tempérament, ses qualités, son intelligence, son sens de l’écoute, son sens de la proximité, Thierry Giet remplira parfaitement son rôle de chef d’équipe en 2014 ", conclut-il.

Essayons de décrypter ces propos. Ils confirment donc ce que l’on pressentait depuis quelque temps. Le Parti socialiste ne s’offrira pas le luxe - ou le vertige - d’une élection interne au lendemain des élections communales. Il y a plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord, comme Jean-Claude Marcourt l’indique, les socialistes craignent comme la peste l’instabilité qui pourrait résulter d’une élection interne. Car même si "un" ou "une" candidat(e) peuvent, le cas échéant, rassembler une majorité de suffrages internes (on pense à Paul Magnette ou Laurette Onkelinx), il n’est jamais exclu qu’un outsider vienne ternir la fête.

Ensuite, petit à petit, Thierry Giet a fait son nid. Travailleur, consciencieux, affable, il a gagné des galons à l’intérieur du parti. On s’est habitué à son style, à son côté "mer calme". Ses interventions ont été plus nombreuses ces derniers temps et on aura noté que ses discours sont (un peu) plus musclés qu’avant. Tous lui reconnaissent cette qualité essentielle en politique : l’humilité. Par nécessité ? Elio Di Rupo et les ministres PS occupent déjà une grande partie de l’espace médiatique. Difficile donc de s’y faufiler. Quant au reproche (manque de charisme, manque d’autorité) qui lui était adressé, il est moins mis en avant. Il est vrai que les autres présidents de parti ne sont pas tous "forts en gueule". Face à eux, il fait désormais bonne figure

Enfin, et c’est sans doute une des raisons principales, le véritable homme fort du PS, à savoir le Premier ministre, Elio Di Rupo, souhaite qu’il en soit ainsi, que Thierry Giet reste. Pour trois raisons : 1°il est, lui aussi, convaincu que Giet est l’homme qu’il faut dans la situation actuelle. Il est là, gère bien les relations internes au parti et ne fait pas de vague. Son ego bien dimensionné ne le pousse pas à intervenir à tors et à travers; 2°Elio Di Rupo ne veut surtout pas que Laurette Onkelinx, sa conscience de gauche, s’éloigne de lui. Il a besoin d’un vice-Premier pour marquer à gauche la politique du gouvernement. Si Laurette Onkelinx prenait le PS en mains, pas sûr qu’elle le lâcherait de sitôt; 3°ce qui nous amène à la troisième raison : Elio Di Rupo n’a pas renoncé à l’idée de faire "un come-back" à la présidence du PS en 2014, si son expérience de Premier ministre devait se limiter à un seul mandat. Mais rien ne dit que sa réflexion est définitive. Même si Elio Di Rupo ne devait pas diriger le prochain exécutif fédéral, il pourrait encore rester longtemps au 16, rue de la Loi Si les négociations gouvernementales devaient à nouveau durer un ou deux ans. Et qui sait si, à ce moment-là, une fonction internationale ne s’offrira pas à lui ?

V.d.W.

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