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25/09/2012

Anderlecht: Waut Es a son fan club à Cureghem

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“J’aimerais un peu changer la vie des gens…”

Naïveté positive en bandoulière, Waut Es (SPA) tranche avec le discours ambiant. Enfin… avec le discours de qui veut le pouvoir pour le pouvoir. Parce que lui, le 21e de la liste cartellisée du PS, 32 ans, Limbourgeois formé en sciences politiques à la VUB, n’a que le social pour patron. Les Affaires sociales et tout ce que cela suppose d’humain : “Depuis décembre 2011, je travaille comme porte-parole de Philippe Courard (PS, ministre des Affaires sociales, NDLR), un vrai Wallon du Luxembourg”, s’amuse-t-il.


Ce job mis à part, ce fan de foot (le fiston ne s’appelle pas Diego par hasard), récemment établi du côté de Neerpede, a conservé son cœur à Scheut. Très actif au sein de la population, il y avait créé un comité de quartier qu’il ne quittera pas de sitôt. C’est là, auprès des Anderlechtois(es), que ce jeune homme de convictions s’est forgé, tout à la fois une réputation et un programme qui le suivent jusqu’à son “QG”, son “fan club”, un bistrot de la rue Docteur De Meersman, à Cureghem.

“Tout le monde le connaît !”, confirme l’espagnole dame qui gère cette boutique. “Il s’occupe de tout le monde. Même des personnes âgées. Il les écoute…”

Membre du CA de Cosmos (une ASBL toute proche offrant des repas au troisième âge), membre aussi du CA de De Rinck, membre, enfin, d’Assam Sorelo (société immobilière de service public, NDLR), Waut Es revendique sa place de combat en vue du 14 octobre.

“Ce qui me tracasse le plus, c’est la pauvreté, à Anderlecht !”, explique-t-il. Et ce pragmatique d’avancer une donnée, effrayante, sur “la pauvreté infantile” : “Un enfant né à Cureghem a deux fois plus de risques de décéder dans sa première année qu’un enfant né à Uccle !”

Casser ce cercle vicieux : telle s’écrit l’un des marottes de ce calme révolté. Car qu’on ne s’y trompe pas : sous ses dehors d’excellent père de famille, l’homme bout. La sécurité ? “Une thématique de gauche”. La propreté ? “Elle est très liée au point précédent. En matière de prévention, il faut être plus strict.” Etc.

Mais son dada le plus ancré, ce néerlandophone qui aime la langue de Molière le trouve dans un rêve, absolu : “l’interculturalité”. “Il faut travailler sur les liens entre les communautés. À cause de la peur de l’Autre. On part au Maroc, sans même connaître ses voisins…”

Le remède à cette distance, comme aux difficultés d’emploi ? Pour Waut Es, ça saute aux yeux : le bilinguisme. Et un enseignement à la hauteur.

Guy Bernard

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