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25/09/2012

Le Hainaut, terre de ministres qui ne siégeront pas

pict_447485.jpgUne des particularités hennuyères réside probablement dans le nombre de ministres qui s’y présentent au scrutin communal, avec l’intention déjà établie et annoncée, de ne pas exercer personnellement le mandat de bourgmestre qui leur serait confié. 


Ainsi du Premier ministre, candidat bourgmestre de Mons. Avec 27 des 45 sièges montois et un score personnel de 13 390 voix qui devrait encore s’amplifier depuis le dernier scrutin communal, Elio Di Rupo avait élargi sa majorité au MR et à ses sept sièges. Cela avait valu aux libéraux un poste d’échevin confié à Bernard Beugnies.
L’arrivée du fringant en Georges-Louis Bouchez en tête de liste MR a quelque peu bousculé l’ordonnancement interne imaginé. Rejeté à un niveau qu’il estimait indigne de lui, l’échevin Beugnies a claqué la porte communale. Leader de la liste provinciale, il pourrait susciter d’autres décomptes après le 14 octobre : le district provincial montois est l’exact décalque géographique de la ville de Mons et on ne manquera pas de comparer son score personnel à celui de Georges-Louis Bouchez.
Quant aux alliances, même si Elio Di Rupo avait davantage d’atomes crochus avec Richard Miller qu’avec Bouchez, il est question d’un pacte renouvelé entre PS et MR.

A Tournai, l’arrivée du Premier wallon Rudy Demotte en tête de la liste donne aux socialistes l’espoir d’une majorité absolue, eux qui avaient obtenu dix-huit des trente-neuf sièges en 2006.
Le MR, lui, a vécu des désaccords intenses entre l’ancienne tête de liste Marie-Hélène Crombé-Berton et sa colistière l’avocate Marie-Christine Marghem, forte du plus gros score personnel de l’entité. Sa volonté de conduire la liste a suscité un affrontement sans conciliation, avant l’éclatement de la représentation libérale sortante.
Marie-Christine Marghem a été adoubée par le MR, mais les dissidents ont formé sous la direction de Marie-Hélène Crombé une liste baptisée "Tournai Plus" qui pourrait mettre à mal les libéraux même si, souligne-t-on, les scores additionnés de ces dissidents n’atteignent pas celui de Marie-Christine Marghem.
Le probable futur bourgmestre Rudy Demotte pourrait arbitrer ces déchirements en renouvelant son alliance avec le CDH. Paul Furlan emmène la liste PS de Thuin, dont il a délégué le mayorat depuis sa nomination comme ministre du Tourisme. Détenteur d’une large majorité avec quinze des vingt-trois sièges, il l’avait pourtant élargie aux quatre sièges du MR. Conduit par l’avocate Marie-Françoise Nicaise, celui-ci s’est renouvelé et il entend bien reprendre part encore à la direction de la ville.

A Charleroi, l’arrivée de Paul Magnette permet de rebattre les cartes. Contrairement aux autres ministres candidats et têtes de liste, il a choisi d’exercer le mayorat qui lui est annoncé. Dans le tourbillon des "affaires" le PS (23 sièges) avait perdu sa majorité absolue, ce qui l’avait amené à constituer une tripartite avec le MR (14 sièges) et le CDH (6 sièges).
La campagne a démarré lentement, dans une forme de consensus mou. On navigue entre le bilan navré d’une législature de transition et l’espoir de faire partie de la coalition que dirigera Magnette, sans aller à l’affrontement réel. Les sondages accordent au PS 27 sièges, une majorité courte que Paul Magnette n’exercera pas seul, a-t-il déjà promis. Il se dit que la décision est prise, et que l’alliance serait conclue avec le MR qu’emmène le ministre du Budget Olivier Chastel, avec treize élus annoncés, plutôt qu’avec le CDH et ses six sièges confirmés.
Une tripartite n’est cependant pas exclue, malgré ses lourdeurs. Seul parti démocratique d’opposition, Ecolo ne témoigne pas de la virulence attendue, sinon espérée, pendant cette campagne électorale. Son leader Luc Parmentier a pourtant été le plus actif pendant cette législature. Il perdrait, toujours selon ce sondage, un des quatre élus de 2006.
Charleroi affiche enfin une forme de record, en proposant quatorze listes à ses électeurs. Les quatre élus du FN, sigle désormais interdit, se sont auto-dissous. Parmi d’autres, une liste baptisée "Al d’abord" se présente : elle dispose d’un seul candidat et il faut espérer, pour la paix des ménages, qu’il remportera plus d’une voix.

Philippe Mac Kay

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Commentaires

Une législation devrait effectivement être envisagée même s'il n'est pas évident de cadrer "l'expression" d'un acte démocratique.
Cependant, la simultanéité de certains suffrages comme en 2014 permettra à l'électeur de "voir plus clair" pour exprimer un choix. Enfin, pour être plus objectif, je tiens à faire remarquer aussi à Mr Mac Kay que le CDH hennuyer avec "son" Ministre Carlo Di Antonio pratique également de la sorte

Écrit par : Neutre | 26/09/2012

Il ne faut pas non plus oublier Olivier Chastel également à Charleroi, qui comme Paul Magnette veut bien quitter le gouvernement pour devenir bourgmestre, mais pas pour être échevin.
Enfin, dans la collection des ministres hennuyers, il y a Jean-Marc Nollet à Fontaine l'Evêque. Quelqu'un sait s'il est candidat ?

Écrit par : lionel | 26/09/2012

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