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24/09/2012

Bruxelles: Les jeunes candidats ont-ils une chance?

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Lors des présentations de liste, les sections locales des partis se targuent généralement de compter un très grand nombre de jeunes candidats dans leurs rangs. Comme si la présence de jeunes - que l’on dit souvent désintéressés de la politique - était le gage d’un projet politique novateur. En tant qu’atouts pour les partis, les jeunes candidats sont donc plus que les bienvenus sur les listes. Mais ont-ils pour autant de réelles chances d’être élus ?


“Si l’on est pas placé en ordre utile sur la liste, que l’on n’est pas connu par ailleurs et que l’on ne bénéficie pas d’un soutien accru de son parti, c’est vraiment très difficile de se faire élire” , confie Gautier Calomne, le président des jeunes MR.

Également conseiller communal à Ixelles, le jeune homme âgé de 31 ans s’est fait élire en 2006 alors qu’il se présentait pour la première fois. “Mais le contexte était particulier , précise-t-il. Beaucoup d’élus ne se représentaient pas. J’étais donc en ordre utile sur la liste (11e), ce qui m’a permis de faire campagne avec une certaine crédibilité.”

L’effet dévolutif de la case de tête, même réduit de moitié, conduit toujours à favoriser les candidats les mieux situés sur la liste, selon l’Ixellois. “Dans l’opinion publique, cela compte encore. Beaucoup de gens veulent appuyer quelqu’un qui semble avoir une chance d’être élu afin que leur vote soit utile. Pour eux, une bonne place signifie également que le parti accorde sa confiance au candidat.”

Un constat que Gautier Calomne base notamment sur son expérience personnelle. “Aux régionales de 2009, j’étais seulement 63e sur la liste MR. Je n’ai pas fait la même campagne qu’aux communales…” , se souvient-il.

Quels que soient les partis, on observe que les premières places reviennent quasiment de façon systématique aux élus sortants, ce qui empêche les nouvelles têtes d’émerger. “Certains se vanteront d’avoir 30 jeunes sur leur liste même s’ils savent que ceux-ci n’ont aucune chance d’être élus” , constate Gautier Calomne qui déplore une certaine hypocrisie. “D’ailleurs, ces jeunes candidats ne sont parfois pas suffisamment encadrés et font des bêtises. En défendant dans leur tract des choses qui ne sont pas en phase avec leur parti, par exemple.”

Ne pas permettre aux jeunes candidats d’émerger comporte des risques. Celui, par exemple, de générer des trous générationnels au sein de la classe politique ou de transformer de jeunes passionnés en des déçus de la politique.

Une solution ? “Le décumul des mandats permettrait aux jeunes d’avoir plus de place. Sinon, il faut simplement mettre moins de jeunes sur les listes mais qui soient mieux placés, encadrés et soutenus. En bref, choisir la qualité plutôt que la quantité” , plaide le jeune libéral.

Très peu de “jeunes” échevins

Aux élections communales de 2006, Boris Dilliès, échevin des Finances à Uccle, fut le seul parmi les jeunes MR (moins de 35 ans) qui se présentaient en Région bruxelloise à obtenir une fonction exécutive. Côté PS et FDF, le constat est quasiment identique puisqu’aucun jeune socialiste (moins de 30 ans) ni aucun jeune fédéraliste francophone (moins de 35 ans) n’ont obtenu un échevinat. Depuis 2009, les Ecolos ont, quant à eux, un jeune échevin à Watermael-Boitsfort, puisque Tristan Roberti, 28 ans, a remplacé Anne Dirix lorsque celle-ci est partie siéger au parlement de la Région bruxelloise. Le CDH, lui, en recense deux : Hamza Fassi-Fihri qui est en charge de l’État-civil, de la Culture et de l’Emploi à Bruxelles-Ville et Laetitia Bergers, échevine de la Culture française et de la Jeunesse, dans la commune de Ganshoren. Gautier Calomne espère qu’ils seront plus nombreux à se voir confier des responsabilités en 2012. Bilan le 15 octobre.

Pa. D.

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