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24/09/2012

Bouchez: "Mons doit devenir une ville libérale"

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Cité du Doudou. Place du Marché aux Herbes. Il est 11 heures. Le QG des libéraux montois est à quelques pas à peine. Ancrée en plein cœur de ce haut lieu de la guindaille, la façade bleue du MR ne passe pas inaperçue. "Nous sommes installés ici depuis le 1er septembre", lance Georges-Louis Bouchez. Chemise blanche, chevelure noire, mèche rebelle et sourire "Colgate", le jeune homme semble tout droit sorti d’un magazine de mode. Mais la comparaison s’arrête là. A 26 ans, ce jeune juriste, assistant en Droit aux Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur et à l’Université de Mons, et conseiller au cabinet du vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), est décrit par ses pairs comme un surdoué de la politique. L’intéressé, lui, préfère parler de passion pour la chose publique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce jeune loup ne manque pas d’ambition.


Le 14 octobre prochain, Georges-Louis Bouchez, tête de liste du MR montois, affrontera dans son fief l’actuel Premier ministre, Elio Di Rupo (PS). "C’est sûr que c’eût été plus facile de me présenter tête de liste MR à Lasne", ironise le candidat. Cela fait douze ans que les libéraux sont dans la majorité à Mons. "Nous assumons totalement le bilan et respectons nos partenaires socialistes, mais nous voulons faire bouger le centre de gravité politique. Mons doit devenir une ville libérale", déclare-t-il.

D’abord aux communales en 2006, ensuite aux législatives en 2010 - pour le Sénat -, Georges-Louis Bouchez en est à sa troisième campagne. "J’ai pris congé du 1er septembre au 15 octobre pour me consacrer totalement à ma campagne. C’est sûr que cela implique une perte salariale, sans compter tous les frais que cela engendre, mais cela fait partie de la prise de risques", affirme-t-il. Et de poursuivre : "Cela va du plus petit détail des affiches à la composition du programme. En tant que tête de liste, vous devez montrer à vos membres que vous êtes capable d’assurer la fonction. Vous participez à toutes les activités, vous soignez les réseaux sociaux, vous tissez un réseau de contacts, cela prend du temps."

"J’y vais au culot, je n’ai pas grand-chose à perdre"

Au programme du MR montois, 120 propositions et 12 points cruciaux. Douze "grands travaux" que l’on retrouve sur les tracts distribués à destination du citoyen. Création de jardins et de potagers communautaires, installation de caméras de dissuasion afin de protéger le citoyen, organisation du ramassage des encombrants au moins une fois par an les propositions se veulent plus concrètes les unes que les autres. "Le MR travaille sur deux grands axes : la proximité et l’avenir. Nous voulons régler des problèmes qui touchent au quotidien des Montois : leur trottoir, leurs encombrants, etc. Parce que Mons 2015, projet de prestige, c’est très bien. Mais à condition de préparer l’après-2015", estime Bouchez.

Après le QG, petit détour par le marché de Cuesmes, à quelques kilomètres de là. Sur la route, le jeune homme raconte : "Je suis passionné de politique depuis mes cinq, six ans. Mes parents regardaient l’émission "7 sur 7" présentée par Anne Sinclair. Je regardais avec eux sans comprendre la moitié, bien sûr, mais j’étais intrigué par le débat d’idées. Et puis, il y a eu plusieurs événements qui ont contribué à accentuer mon attrait pour la politique. Notamment les présidentielles françaises de 1995 avec le duel Chirac-Balladur et l’assassinat d’Yitzhak Rabin". Son téléphone sonne. Il décroche. C’est l’imprimeur. Il lui répond, puis reprend : "J’ai beaucoup d’admiration pour les destins extrêmes, comme celui de Napoléon par exemple. Je suis fasciné par ces personnes qui partent de rien, se construisent, tombent, et puis se relèvent. Dans les hommes politiques modernes, Nicolas Sarkozy est pour moi un modèle dans sa vitalité. Il a fait le contraire de ce que tout le monde lui conseillait de faire et y est arrivé. Moi aussi, on m’a répété : ‘Tu devrais attendre, mets-toi dans la roue de Richard (NdlR : Richard Miller qui, finalement, poussera la liste) ou de Bernard (NdlR : Bernard Beugnies qui n’a pas apprécié que le jeune poulain soit tête de liste, il se présente désormais uniquement aux provinciales) mais moi, je pense que je dois me lancer tout de suite. J’y vais au culot, je n’ai pas grand-chose à perdre". Son téléphone interrompt à nouveau la conversation. Cette fois, c’est la Poste qui le rappelle à l’ordre.

"Je ne supporte pas le tiède"

Marché de Cuesmes. Il y a du monde. La candidate MR du patelin est là, elle interpelle le jeune homme : "Hey Georges, viens, je vais te présenter Madame !". " C’est une grosse famille", lui glisse tout bas un conseiller communal. Bouchez enchaîne : "Bonjour Madame, voici notre programme. Sur ce tract, vous trouverez les douze grandes idées du MR montois. Si vous voulez le consulter dans son entièreté, voici notre site Internet. Vous pouvez aussi me contacter directement sur mon portable, je vous l’enverrai par email ou vous l’apporterai chez vous." A coup sûr, il a le tour avec les gens. La plupart l’écoute, c’est déjà ça. Un peu plus loin, une autre dame. "Bonjour Madame, vous êtes Italienne ? Ma maman aussi." (rires) Même discours, puis il termine : "Voici mon numéro de téléphone privé. Si le MR est élu le 14 octobre et que dans un an, ce que je vous ai promis aujourd’hui n’est pas fait, téléphonez-moi". Encore quelques pas, un maraîcher s’avance : "Et que faites-vous pour les petits indépendants ?", questionne le gaillard. Le candidat le salue, et les voilà partis dans un long débat sur la problématique des entreprises et PME. "Quand je distribue mes tracts, je ne m’en vais pas à toute vitesse de peur que les gens me posent de questions sur notre programme. Je n’évite pas la confrontation", assure Bouchez. Qui ajoute : "Je ne supporte pas le tiède. Bien sûr que mon objectif, à terme, est de devenir bourgmestre de Mons. Je suis né ici. C’est la ville de mes parents, de mes grands-parents. Mons doit devenir une ville libérale, même si cela doit me prendre toute ma vie". Georges-Louis Bouchez, étoile montante ou jeune loup aux dents trop longues ? Une chose est sûre, on reparlera de lui. En bien ou pas..

Alice Dive

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