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19/09/2012

FDF: éviter la mort subite wallonne

pict_446313.jpgUn an après l’éclatement de la fédération MR-FDF, le scrutin communal ne s’annonce a priori pas facile pour le FDF. Si une base électorale stable se confirme de sondage en sondage (autour de 11 %) dans la capitale, les libéraux ne leur feront visiblement aucun cadeau. Quoi de mieux pour affaiblir son ancien partenaire et désormais concurrent que de lui faire perdre un des quatre mayorats conquis en 2006 ? On parle ici de Schaerbeek, Woluwe-Saint-Lambert, Auderghem et Watermael-Boitsfort. Car, le cas échéant, le maintien de ces quatre bourgmestres sera pour les amarante l’un des principaux arguments qui leur serviront à crier victoire le soir du 14 octobre. Si un de ses bourgmestres tombe, la douche électorale sera glaciale. Il y a six ans, l’appartenance du FDF au MR lui avait en outre permis de confirmer son ancrage local au sein de plusieurs majorités. On le sait, le vent a tourné depuis.


Car à Bruxelles, les couteaux sont tirés depuis plusieurs mois entre les deux anciens partenaires. Ainsi, une liste MR est apparue à Schaerbeek pour faire concurrence à Bernard Clerfayt, nons sans diviser les libéraux locaux dont une bonne partie est restée fidèle au bourgmestre sortant. Y a-t-il danger pour Bernard Clerfayt ? Certainement, si son accord préélectoral avec CDH et Ecolo prend l’eau le 14 octobre, au profit du PS et du MR. Mais c’est surtout à Watermael-Boitsfort que les craintes amarante se font sentir. On y décèle un accord entre MR, Ecolo et GM (une liste tendance CDH) pour renverser Martine Payfa, propulser Olivier Deleuze aux commandes de la commune et ainsi couler un mayorat quasi dynastique. A Auderghem, les choses s’annoncent plus simples pour le bourgmestre Didier Gosuin, le chef de groupe FDF au Parlement bruxellois, dont la majorité est bien assise. Sur papier, le scrutin pourrait par contre se corser pour le président du parti dans son fief de Woluwe-Saint-Lambert. Olivier Maingain devra en effet compter sur la perte de certains sièges au profit d’une liste MR. Rappelons qu’élu sur une liste du bourgmestre en 2006, il avait dû partir à la pêche aux partenaires pour constituer sa majorité. Il devra sans doute convaincre encore plus le 14 octobre.

Ailleurs à Bruxelles, les conséquences du divorce pourront se faire douloureusement sentir. A Anderlecht pour commencer, où l’alliance PS-MR sortante pourra certainement se passer des FDF. A Ixelles, une curiosité, la liste amarante est tirée par un (ex-MR-ex-PSC) indépendant, alors que PS et MR se sont entendus pour rempiler ensemble. Mais rien n’est à exclure. A Etterbeek encore, le divorce signifiera certainement une sortie de la majorité emmenée par Vincent De Wolf, un (très) proche de Charles Michel. Idem à Molenbeek, voire à Uccle. Dans d’autres communes par contre, l’ouverture du jeu des alliances pourrait profiter aux troupes d’Olivier Maingain. A Woluwe-Saint-Pierre par exemple ou des inimités entre libéraux peuvent permettre au FDF (qui est déjà dans la majorité) de jouer les pivots, voire de revendiquer le maïorat. La tête de liste Serge de Patoul en rêve. A Forest, il a longtemps été question que MR et FDF fassent liste commune pour reprendre la main aux socialistes. Sans succès. Courtisé, le FDF se présentant seul devrait se révéler un appoint idéal à une majorité, quelles que soient ses couleurs. Mais dans nombre de communes, la séparation MR/FDF devrait affaiblir les amarantes.

Compte tenu de son fonds de commerce politique - les enjeux communautaires - le FDF aura naturellement à cœur d’au moins se maintenir dans les communes à facilités de la périphérie bruxelloise. La conservation de ses deux maïorats est évidemment une priorité. Cela ne devrait pas poser trop de problème ni a Linkebeek ni a Crainhem où des listes francophones uniques seront, non sans mal, finalement présentées aux électeurs. A la différence que les négociations locales ont conclu à un partage du maïorat entre FDF et CDH sur Craihem. Par ailleurs, le FDF compte beaucoup sur l’échevine Corinne François pour créer la surprise à Drogenbos.

Passons enfin à la Wallonie, où le FDF se présente pour la première fois. C’est une naissance et l’enjeu du parti est ici d’éviter la mort subite. Olivier Maingain donne d’ailleurs cinq ans à son parti, encore en mal de personnalités wallonnes fortes, pour s’implanter durablement. Le FDF se présente dans 44 communes sur les 262 que compte la Région wallonne. "L’objectif est de quelques élus en Wallonie", confie modestement Henri Horni, chef de file à Charleroi, refusant de s’enfermer dans un objectif chiffré. D’après la santé et le dynamisme des sections locales créées il y a quelques mois à peine, il pointe Sambreville, Ecaussinnes et Charleroi parmi les meilleures chances de son parti d’émerger. La présence des FDF est également sensible en Brabant wallon, du fait de la proximité de la province avec Bruxelles et le Brabant flamand où les partis francophones sont également de la fête communale.

Du maintien bruxellois et d’une percée, même légère, en Wallonie dépendra la réussite du parti qui pourra ensuite se lancer dans une autre campagne : celle de l’élection de son président.

Mathieu Colleyn

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