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14/09/2012

Ecolo en manque d’ancrage local

pict_445431.jpgEcolo est bien implanté dans la vie politique belge. Voguant entre les 10 et 20 %, il n’est plus un petit Poucet. Il lui manque cependant une chose pour devenir un grand : une assise locale solide. En Wallonie, plus qu’à Bruxelles sans doute, c’est une nécessité, un viatique, une assurance-vie. Si Ecolo est le seul des quatre partis à connaître des hauts et des bas aussi spectaculaires (en 2004, Ecolo avait chuté de 9,7 % en Wallonie et de 11,6 % à Bruxelles avant de se refaire presque entièrement cinq ans plus tard), c’est sans doute à cause de cette absence d’ancrage local. Car la fidélité électorale se construit d’abord sur le terrain, au contact du quotidien.


Il n’est cependant pas nécessaire de l’expliquer à l’état-major d’Ecolo. Ce dernier en est plus conscient que quiconque. Cela fait des années qu’il tente d’investir le niveau communal. Jean-Michel Javaux, à qui Ecolo doit une bonne partie de son regain de forme, l’avait d’ailleurs compris avant tout le monde. S’il s’est investi corps et âme dans la campagne communale, ce n’est pas seulement pour la gloire de devenir bourgmestre d’Amay - ce qu’il est devenu en 2006 et compte bien le redevenir en octobre. C’est aussi pour donner un double signal : à l’égard des membres du parti généralement plus enclins à préférer les tours d’ivoire aux réalités de terrain et à l’opinion publique parfois convaincue que les verts sont de doux rêveurs, mais piètres gestionnaires.

On ne dira pas que cette stratégie, à l’œuvre depuis une quinzaine d’années, ait porté des fruits spectaculaires. Mais les efforts déployés n’ont pas été vains non plus. Ecolo est à la traîne des trois autres partis traditionnels dans le paysage communal. Mais il n’en est plus absent. Sa marque la plus visible ? Ottignies/Louvain-la-Neuve où l’ancien secrétaire fédéral Jean-Luc Roland a pu s’imposer bourgmestre à deux reprises - et tentera la passe de trois. Sa réélection, en 2006, avait été élevée par les écologistes au rang de symboles très prometteurs. Jean-Michel Javaux l’avait rejoint, toujours en 2006, dans le cercle très très fermé des bourgmestres Ecolo.

Y en aura-t-il d’autres en 2012 ? C’est un objectif clairement avoué. Mais pas simple à atteindre. En Wallonie, un décret stipule que le bourgmestre est le candidat qui a obtenu le plus de voix sur la liste la plus importante de la majorité. Cela défavorise clairement Ecolo, qui peut rarement prétendre à la place de numéro 1 dans les différentes communes. Les verts ne rêvent pas moins de décrocher l’un ou l’autre maïorat. Ils placent notamment beaucoup d’espoir dans la commune d’Enghien où la tête de liste, Olivier Saint-Amand, ne cache pas ses ambitions. Et rêvent de reconduction à Ottignies et à Amay malgré l’opposition quasi revancharde de l’ancien maître des lieux Robert Collignon.

Les circonstances sont peut-être un peu plus favorables à Bruxelles. Dans la capitale, point de décret fixant des règles strictes d’attribution de l’écharpe maïorale. Du coup, Ecolo s’autorise à voir plus grand. Il lorgne sur au moins trois communes où il est plutôt bien implanté : Ixelles, Watermael-Boitsfort et Forest. Ce serait une première : jamais les verts n’ont décroché un maïorat à Bruxelles.

Ecolo ne devra cependant pas nourrir des espoirs trop démesurés. On ne verra pas des bourgmestres verts essaimer partout en Wallonie et à Bruxelles. En revanche, le parti Ecolo pourrait espérer élargir le nombre de ses participations dans des majorités communales. Aujourd’hui, il en compte trente et une : six à Bruxelles (Auderghem, Etterbeek, Forest, Jette, Schaerbeek et Watermael-Boitsfort) et vingt-cinq en Wallonie. Il n’est pas interdit de penser qu’il fera mieux. D’abord parce que les verts n’avaient toujours pas retrouvé leur poids de forme en 2006. Et puis, surtout, il augmente le nombre de communes où il dépose une liste - c’est un autre signe de sa volonté d’investir le terrain communal. En 2006, les écologistes avaient présenté des candidats dans 184 communes de Bruxelles et de Wallonie. Ils portent ce nombre à 226 cette année : 42 de plus. Forcément, cela augmente les chances de participer à l’exercice du pouvoir communal. Mais attention. Les listes concurrentes lui mèneront la vie dure. Ecolo a parfois la réputation d’être un partenaire un peu imprévisible. Le rejet dans l’opposition à Huy et l’alliance de tous ses adversaires contre lui à Floreffe en sont l’illustration.

V.R.

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