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05/09/2012

Communales: un scrutin local, mais un test national?

pict_443500.jpgLe 14 octobre, les électeurs seront convoqués aux urnes pour renouveler les conseils communaux, de l'aide sociale et provinciaux du pays. L'enjeu est d'abord local, se plaît-on à répéter. Les élections communales obéissent aux enjeux locaux souvent très éloignés des dossiers qui font l'actualité nationale voire régionale. Les résultats des élections ne seront toutefois pas dépourvus d'impact sur les autres niveaux de pouvoir.


Les observateurs politiques suivront de près l'issue du scrutin en Flandre. La N-VA, premier parti flamand, siège dans l'opposition au parlement fédéral et les nationalistes flamands ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils considéraient le 14 octobre comme un test d'envergure nationale pour l'équipe Di Rupo.

La N-VA caracole en tête dans les sondages depuis son triomphe de juin 2010. Contrairement aux trois partis traditionnels, elle ne dispose pas d'une implantation locale très forte. Elle espère donc profiter du scrutin pour combler substantiellement son retard. Pour les partis de la majorité fédérale (CD&V, Open Vld et sp.a), la potion pourrait être amère. Ils ont encaissé un recul historique lors des élections fédérales, la perte d'une partie de leur assise communale, fondation du pouvoir politique en Belgique, s'apparenterait pour eux à un nouveau coup dur, à commencer par le CD&V qui compte dans ses rangs plus de la moitié des bourgmestres flamands.

Les autres niveaux de pouvoir n'en sortiraient pas indemnes. Avant les vacances, le premier volet de la réforme de l'Etat a été voté. Pour la majorité institutionnelle flamande (les partis de la majorité plus Groen), l'enjeu était de taille. Il s'agissait de montrer que malgré le choix de la N-VA de demeurer dans l'opposition -ou même grâce à celui-ci-, la réforme de l'Etat pouvait être concrétisée. Il reste néanmoins un deuxième volet à traduire en texte et la tâche s'annonce ardue, malgré les accords institutionnels déjà conclus. Sont visés la loi de financement et les transferts de compétences, enjeux qui n'ont rien de symbolique, certainement dans un contexte de crise économique, et qui détermineront la vie des entités fédérées et du pouvoir fédéral dans les années, voire les décennies à venir.

Une nouvelle percée de la N-VA pourrait radicaliser les partis flamands alors que les partis francophones estiment qu'ils ont déjà consenti des sacrifices importants pour ramener la paix communautaire.

L'assainissement budgétaire doit également se poursuivre. Des décisions difficiles devront encore se prendre et la pression néo-conservatrice de la N-VA risque de se faire sentir à droite de l'échiquier politique flamand, dans une partie du CD&V et certainement à l'Open Vld déjà électoralement mal en point.

Un autre cas de figure est toutefois évoqué en cas de percée, qui pourrait contraindre les nationalistes flamands à plus de modération. S'ils veulent accéder aux affaires dans certaines localités, ils seront contraints de négocier des alliances avec d'autres formations... à commencer par le CD&V. Les deux partis n'ont pas reconduit leur cartel au niveau local mais dans l'une ou l'autre commune, des listes conjointes ont toutefois été présentées, notamment à Ypres, ville de l'ancien premier ministre Yves Leterme.

Et si la percée attendue n'est pas au rendez-vous -la N-VA ne dispose pas encore d'un grand nombre de personnalités locales-, l'atmosphère sera sans doute au soulagement et la majorité pourra continuer sa route plus soudée qu'avant.

Du côté des partis francophones, aucun grand bouleversement n'est attendu. L'un des points qui retiendra l'attention est celui des coalitions qui pourront se nouer. La rumeur court depuis quelques mois d'alliances entre le PS et le MR dans certaines grandes villes, manière de récompenser un MR qui a soutenu les accords institutionnels, et permis à Elio Di Rupo de devenir premier ministre, en en payant le prix fort: la rupture avec le FDF. Si le cdH en fait les frais, la tension pourrait monter au sein d'un Olivier déjà marqué par les divisions.

Traditionnellement, les élections donnent souvent lieu à des remaniements ministériels. Paul Magnette (PS) a annoncé qu'il quitterait le gouvernement fédéral si les électeurs carolorégiens lui font largement confiance. La question se pose de savoir si ce départ entraînera un jeu de dominos, touchant les autres exécutifs, ou se fera-t-elle poste à poste? Le ministre bruxellois Benoît Cerexhe (cdH) fera de même s'il est en position de devenir bourgmestre à Woluwe-Saint-Pierre.

D'autres partis, suivant les résultats, pourraient également être tentés de changer quelques têtes.

Belga

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