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25/08/2012

PS et cdH: deux partis, un même souci

pict_441320.gifCe week-end marquera le début de la rentrée politique après une très longue trêve estivale. Il y a bien longtemps, en effet, que les hommes et femmes politiques n’avaient plus goûté aux joies d’un été débarrassé de toute tension politique. Un été où les Belges n’ont pas à se demander si, au retour de leur séjour à l’étranger, leur petite Belgique sera toujours bien là. Cet été a donc été presque banal. Seule l’agitation enfantine autour du Gordel nous rappelle que la Belgique n’a finalement pas beaucoup changé : quand on chasse le communautaire (BHV et compagnie), il revient au petit trot. Que cette promenade cycliste aux relents politiques parte ou de non de Rhode, fasse des détours par la place du Châtelain ou l’avenue de Tervuren, cela n’a finalement pas d’importance. Car les dossiers de la rentrée seront d’une toute autre nature : les priorités demeurent socio-économiques et financières. Sans oublier les débats sur la justice et la sécurité. Quand on reparlera de communautaire, ce sera pour évoquer la modification de la loi de financement et les transferts de compétences, des dossiers bien plus lourds que des itinéraires de promenade à vélo. Mais soit.


Ce week-end, sacrifiant à la tradition des rencontres estivales, deux partis francophones, PS et CDH, réuniront leurs troupes, militants et candidats aux élections communales, pour une séance de (re)motivation. D’un côté comme de l’autre, le sujet principal de discussion tournera essentiellement autour des élections communales qui se tiendront le 14 octobre prochain. D’un côté comme de l’autre, le mot d’ordre sera l’unité. Voyons cela.

1 Thierry Giet. Au PS, l’heure est donc à la mobilisation des troupes, 50 jours avant le scrutin communal. Le discours que le président Thierry Giet prononcera ce samedi, sur le site du Grand Hornu, sera en grande partie consacré à cet enjeu. Ce scrutin, les rouges le préparent depuis des mois, conscients des enjeux qu’il représente au niveau local, bien sûr, mais aussi au niveau interne. Car le soir du 14 octobre, tout le monde aura les yeux rivés sur les résultats, mais aussi sur le visage du président, toujours faisant fonction, du parti. Une défaite cinglante du PS précipitera immanquablement la réflexion de ceux qui regrettent le côté "temporaire" de la fonction de Thierry Giet (jusqu’en 2014) et son manque de flamboyance. Une victoire ou une stabilisation des socialistes mettrait définitivement Thierry Giet à l’abri de ces critiques plus ou moins feutrées. "Car si Thierry Giet est un homme discret, c’est aussi un homme qui a su se faire entendre et respecter en interne", note un ministre. "C’est encore un homme qui a réussi à maintenir une certaine stabilité dans un parti-pieuvre qui n’est pas facile à manœuvrer", relève un autre. Donc, pour l’instant, la question de la présidence ne se pose pas, pas même après le choix de Paul Magnette de se porter candidat au maïorat de Charleroi. C’est d’ailleurs une fonction qui, vu l’état de la ville, requerra que le bourgmestre s’y consacre à temps plein. Le fait que Paul Magnette soit débarrassé de sa fonction de ministre ne le prédestine pas nécessairement à être candidat potentiel à la présidence du parti. Si celle-ci devait être vacante - en cas d’échec du PS et parce que Thierry Giet souhaite s’effacer -, d’autres que Paul Magnette se porteraient sans aucun doute candidats à la présidence du parti. Qu’il - ou plutôt elle - soit ministre ou pas. La question du moment n’est donc pas là. Elle concerne plutôt la stratégie du parti. Car pour gagner les élections, fussent-elles communales, il faudra que le message du PS soit clair et surtout que l’image du PS ne colle pas trop à celui du gouvernement. Bien sûr, le gouvernement fédéral est dirigé par Elio Di Rupo, l’idole des socialistes. Et les socialistes sont plutôt fiers de leur "Premier" et de son travail. Car, disent-ils, les citoyens belges sont relativement épargnés : l’austérité est bien plus sévère chez les voisins européens qu’en Belgique. Bien sûr, on n’a pas touché - on ne touchera pas - à l’index Mais quelques parlementaires - voyez Yvan Mayeur cette semaine dans "Le Vif" - reconnaissent qu’ils votent parfois les projets du gouvernement avec des pieds de plomb. Pourquoi votent-ils des textes qu’ils exècrent (la dégressivité des allocations de chômage, par exemple) ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’un gouvernement "de survie nationale sur le plan institutionnel". Ce sera donc la tâche des leaders socialistes pendant la campagne électorale : réaffirmer les valeurs de gauche, celles du PS, tout en assumant les choix douloureux qu’impose le gouvernement bigarré, confronté à un assainissement budgétaire nécessaire.

2 Benoît Lutgen. Au CDH, la rentrée se fera en famille, ce dimanche, au domaine des Grottes de Han-sur-Lesse. Benoît Lutgen y est très attendu, notamment par ceux qui estiment que sa présidence est un peu trop discrète. Dans l’entourage du Bastognard, on balaie ces critiques d’un revers de la main. Et l’on oppose aux soupirs des éternels mécontents, les réussites de celui qui va à peine souffler la première bougie de sa présidence : des congrès (Namur, Marche ) particulièrement réussis, qui ont rassemblé des milliers de militants, une motivation sans faille, un programme politique pour les élections communales solide, cohérent, rédigé et amendé par les militants, etc. Au CDH aussi, la priorité, c’est l’unité du parti. Un cacique note : " Benoît n’est pas parfait. Il est trop discret. Mais il est sincère. Je ne connais pas une présidence qui ait échappé aux critiques : Deprez, Nothomb, Milquet et même Maystadt Tous ont fait l’objet de critiques parfois très dures. Toute rénovation chagrine les aigris " Le défi de Benoît Lutgen sera donc de démontrer qu’il est le chef à bord et qu’il sait où il va : à la victoire le 14 octobre.

Francis Van de Woestyne

Commentaires

PS et cdH: deux partis, un même souci....
Pas de souci pour l'électeur avisé, ils mènent la même politique.
Donc on les renverra tous deux dans l'opposition.

Écrit par : Le Hérisson | 03/09/2012

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