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14/08/2012

Ixelles: Bataille au village

pict_439046.jpgUn village au cœur de la ville. C’est un peu comme cela que les Ixellois s’expriment quand on leur demande de décrire leur commune. Un village. Avec la place Flagey comme centre, les Etangs comme coin de verdure, la porte de Namur comme porte d’entrée et le pavillon Malibran, sur la place Fernand Cocq, comme lieu de gestion des affaires publiques. Village paisible, Ixelles est surtout un village "branché".


Entre Flagey, le Châtelain, le cimetière et Saint-Boniface, les lieux de sorties ne manquent pas, pas plus d’ailleurs que les pôles d’attractions culturels, économiques ou intellectuels. Avec son côté branché et convivial, la proximité du centre, de l’ULB et des institutions européennes, Ixelles est d’ailleurs devenue en quelques années l’une des communes les plus prisées de la région bruxelloise. L’une de celles où le prix de l’immobilier explose, où la "gentrification" est la plus visible.

L’une de celles, aussi, où tous les jeux sont ouverts d’ici le 14 octobre. Longtemps hégémoniques, et bénéficiant d’une confortable majorité absolue jusqu’aux élections d’octobre 2000, les libéraux ixellois ont vécu cette année-là un véritable traumatisme en se retrouvant soudainement éjectés dans l’opposition par un olivier PS-ECOLO-CDH. Cette majorité alternative, constituée autour de l’actuel bourgmestre Willy Decourty (PS), laisse le souvenir d’années très pénibles à ce dernier. "Les écolos sont ingérables", confie-t-il souvent à qui veut l’entendre. Au point qu’en 2006, il préféra signer avec les libéraux, permettant à ces derniers de retrouver le pouvoir avec un grand "ouf" de soulagement. Bien que toujours premier parti en nombre de sièges au conseil communal, le MR a accepté sans difficulté de laisser le mayorat au PS. De l’avis unanime des deux partenaires, les six années écoulées se sont très bien déroulées, chacun travaillant en bonne entente et dans le respect mutuel.

Et si l’un et l’autre démentent catégoriquement avoir conclu le moindre accord préélectoral, ni le bourgmestre sortant ni la chef de file libérale Dominique Dufourny ne font mystère de leur envie de poursuivre l’aventure pour six années de plus. La partie est pourtant loin d’être gagnée, notamment depuis que l’échevin des Finances, Olivier de Clippele (MR), est venu jouer les trublions au sein de son propre camp.

Notaire et député bruxellois, Olivier de Clippele a jeté un pavé dans la mare, l’hiver dernier, en refusant de voter le budget 2012 adopté au Collège. En cause, le coût de la troisième phase du chantier de rénovation de l’îlot communal qui, selon lui, amènerait à creuser encore davantage les finances communales. Ce geste de "déloyauté" coûtera à Olivier de Clippele son mandat d’échevin. Et devant le refus des libéraux de geler le projet de rénovation de l’îlot communal, l’échevin démis a mis ses menaces à exécution. Le 14 octobre, il se présentera à la tête d’une liste "Respect&Démocratie" en cartel avec le FDF, qui manquait justement cruellement d’une figure connue dans cette commune.

Si socialistes et libéraux prétendent n’avoir conclu aucune entente, les trois membres de l’opposition affichent, eux, clairement leur envie de renverser la majorité en place. Tête de liste Ecolo, le deuxième parti de la commune en nombre de sièges, le député bruxellois Yaron Pesztat se voit déjà bourgmestre, en coalition avec Olivier de Clippele et le CDH de Julie de Groote. "La majorité en place n’a jamais exploité le potentiel de cette commune exceptionnelle" , dit-il. Et avec à peine deux sièges d’avance, cette majorité est, selon lui, en sursis. Le mayorat d’Ixelles ? Un rêve pour Ecolo qui a installé son QG fédéral sur la place Flagey et qui réalise dans cette commune son meilleur score dans tout le pays (après Amay ). Pour y accéder, il suffirait, selon Yaron Pesztat, de réaliser, à trois, deux sièges de plus que les socialistes et les libéraux ensemble. Reste à voir le camp que choisiront, au final, les démocrates-humanistes. Avec à peine 4 sièges au conseil communal, les troupes de Julie de Groote n’ont guère de chance de prétendre au mayorat. Le contexte actuel leur donne néanmoins une chance unique de jouer le rôle de parti pivot le 14 octobre prochain. Yaron ou Willy ? Ce sera à Julie de choisir.

Grégoire Comhaire

Commentaires

Le mérite de l'actuelle majorité PS-MR-cdH (et ce n'est sûrement pas grâce au cdH) est de faire que cette commune en voie d'hégémonie "bobo" (bourgeois bohêmes) et de gentrification (on vient même de Uccle pour faire la fête dans les cafés de Flagey!!!) est malgré tout restée vivable pour sa population ouvrière et col-blanc.

Bien sûr il y a encore des problèmes (surtout dûs au fait que le cdH a voulu imprimer une politique en continuité avec le sortant Ecolo de 2006) mais clairement une rentrée d'Ecolo, joint au cdH et ce avec le FDF, voire le MR (qui s'empresse de jouer double-jeu: le MR n'avait-il pas assuré le cdH et Ecolo d'une coalition pour "faire barrage" au PS dans les communes bruxelloises et wallonnes?) serait un signal clair que la population pauvre d'Ixelles peut déjà chercher à déménager avant d'en être expulsé par l'augmentation des loyers et des prix pratiqués par les commerces; augmentations que l'on observe déjà...

Écrit par : iGorovitch | 22/08/2012

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