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07/08/2012

Rhode-Saint-Genèse: un suicide monté en épingle

pict_437822.jpgLa mort, par suicide, d’un ouvrier communal de Rhode-Saint-Genèse, est-elle liée à un mal-être au travail ? Le parquet de Bruxelles devra tenter de démêler le vrai du faux. Mais une chose est claire : avec les élections communales qui approchent, cette affaire est d’ores et déjà exploitée politiquement, décrypte Myriam Delacroix-Rolin, la bourgmestre (francophone) de cette commune à facilités de la périphérie.


Bruno Denayer avait 49 ans. Il était ouvrier communal. Il travaillait principalement au centre culturel de Rhode-Saint-Genèse. Le samedi 28 juillet, intrigué de voir les volets clos, le propriétaire de sa maison à Huizingen a prévenu le frère de son locataire. Ils ont découvert le corps sans vie de la victime, qui avait laissé une lettre d’adieu. Il y évoquerait des faits de harcèlement au travail de la part d’un supérieur, cité nommément, et le peu de répondant des autorités communales. Ce qui a convaincu le parquet de Bruxelles d’ouvrir une instruction judiciaire. L’autopsie a conclu qu’il n’y a pas eu intervention de tiers. Aucune piste n’est négligée. Le juge d’instruction ne tient pas à communiquer sur le dossier. "Nous n’avons évidemment pas pu voir la lettre qui a été saisie par le parquet", indique la bourgmestre.

La commune a proposé des mesures d’accompagnement pour le personnel, qui a pu être reçu individuellement. La mort de Bruno Denayer, décrit comme un célibataire jovial, a choqué.

C’est dans ce cadre que des accusations ont été portées contre Mme Delacroix-Rolin et la commune, qui occupe 25 ouvriers communaux, ce qui fait que tout le monde se connaît. Un collègue de Bruno Denayer a fait état de trois lettres recommandées, envoyées au printemps 2011, à la bourgmestre. Celle-ci lui a envoyé des accusés de réception. Selon le journal flamand "Het Laatste Nieuws", ce serait une dénonciation de faits de harcèlement au sein des services communaux.

Ce que démentait catégoriquement, lundi, la bourgmestre : "Ces lettres concernaient le fonctionnement du service et en rien des questions de harcèlement". Il s’agissait en fait de questions de congé. La commune avait édicté une nouvelle règle, permettant toujours au personnel de prendre deux semaines de congé d’affilée en fin d’année, avec une limitation. Une seule des deux semaines pouvait coïncider avec les vacances scolaires. "Cette décision était basée sur un bon fonctionnement du service. Nous avions donné suite à ce courrier", poursuit Mme Delacroix-Rolin.

L’auteur de la lettre a été entendu. Des discussions ont été menées, en présence de l’auteur, avec le chef du personnel. La commune a fait appel au bureau extérieur Mensura, qui a réalisé une étude sur le fonctionnement des services et a proposé des solutions. Tous les membres du personnel ont été entendus individuellement. "Dans son rapport, Mensura n’a pas fait état de harcèlement", dit Mme Delacroix-Rolin : "Nous n’avons pas vu la lettre (de M. Denayer). Peut-être y a-t-il des faits. Mais personne ne dit rien lorsqu’on les rencontre."

Pourquoi ces attaques ? La bourgmestre subodore un "coup de poignard politique envers la majorité francophone". Les élections approchent. Les partis francophones seront, une nouvelle fois, unis en cartel. Et la N-VA pèse sur les partis flamands.

J.La.

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