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18/07/2012

Provinciales: La tiédeur du MR sur les provinces

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Un vent présumé favorable nous a soufflé le projet de programme du MR pour les élections locales prochaines. Attention donc, il reste susceptible de changement. N’empêche, dans son état, la copie attire l’attention sur deux points au moins.


 1. Les élections provinciales

A quatre reprises sur quatre pages qui se suivent, pas moins, les réformateurs insistent sur le maintien du suffrage universel, bien sûr au-delà d’octobre 2012, au niveau des provinces. Ainsi, lit-on notamment, les conseils provinciaux "doivent rester une émanation directe, au premier degré, de la population" , question de "transparence" et de "légitimité". Et, plus loin : "L’élection directe des mandataires constitue bien sûr un gage de juste représentativité du corps électoral. Si cette assertion va de soi concernant les communes, il en est de même pour les provinces " , etc.

On aime ces incises "bien sûr" ou "va de soi" ; l’insistance démontre le contraire ! C’est que, il y a moins de quatre ans, le 16 novembre 2008, lors du congrès électoral du MR pour les élections régionales de 2009, le président d’alors, Didier Reynders, avait fait sensation en voulant casser des "tabous" . Il y avait là notamment la fusion des réseaux scolaires officiels (jadis Busquin et Di Rupo s’y cassèrent des dents) ou encore, mais oui, la suppression des élections provinciales : "Pourquoi encore élire des conseillers provinciaux ? Des choses restent à faire au niveau des provinces, mais pourquoi ne pas y réunir des représentants des communes ? Il vaudrait mieux d’ailleurs qu’ils siègent là qu’à la Région" , mordait l’homme fort d’une formation qui a depuis, en vain, recouru devant la Cour constitutionnelle contre le décret Olivier de décumul partiel entre exécutif local et Parlement régional

L’objectivité impose de préciser que le président Reynders ne s’était pas fait applaudir sur tous les bancs MR. Reste que son idée réformatrice paraît aujourd’hui bien oubliée; plutôt, évacuée. Quoi de plus normal, dira-t-on, en passant d’une présidence à une autre ? Sans doute, mais c’est en relevant que Charles Michel, naguère ministre wallon des Pouvoirs locaux, ambitionna une vaste réforme des provinces; que son parti fait de la simplification du paysage wallon l’alpha, l’oméga et le nirvana du redressement régional; et que le MR, dans son projet préélectoral, entend précisément faire de la province "un espace privilégié d’expression de la supracommunalité". Une province dans laquelle il voit "la collectivité politique la plus encadrée et contrôlée" ( sic )

2. L’après-élections communales

Dans le même texte, le MR "propose que la liste ayant obtenu le plus grand nombre de sièges soit à la manœuvre pour constituer une majorité communale". Il s’agirait par-là de renforcer le choix du citoyen, de respecter son vote, d’empêcher "toute négociation postélectorale pour dégager une majorité alternative".

On comprend bien l’idée, déjà soulevée d’ailleurs lors du débat sur la réforme de la désignation du bourgmestre en Wallonie (le premier désigné sur la liste la plus forte non pas de la commune, mais de la majorité qui se met en place). Il est vrai que des citoyens peuvent s’offusquer de ce que le parti le plus important d’une commune ou de tout autre pouvoir, sans parvenir à y être majoritaire à lui seul, soit écarté de sa gestion. Mais c’est là plus une incantation qu’une indication de réglementation, tant on voit mal en pratique "cette mise à la manœuvre".

Et puis, comme après toute élection, qu’importe-t-il le plus : les rapports en absolu, ou les tendances haussières ou baissières de l’électeur ? On sait combien la réponse des partis varie ici selon leurs positions ! Enfin, est-ce toujours l’ostraciser que d’écarter une formation qui ne parvient pas à tirer des dividendes politiques de son leadership électoral ? Pour rappel, au fédéral, c’est parce que l’on a voulu démocratiquement intégrer le parti arrivé en tête en juin 2010 que l’on s’est payé la plus longue crise de l’histoire.

Paul Piret

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