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18/06/2012

Pas morte, l’extrême droite

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A l’approche des communales, des partis ultranationalistes émergent. Ils sont implantés principalement à Liège et à Verviers.

Nation, Nouvel élan wallon (NEW), Démocratie nationale, autant de noms auxquels les électeurs de la province de Liège pourraient être confrontés dans l’isoloir. Ces trois groupements politiques d’extrême droite tentent actuellement de s’implanter en région liégeoise. S’il semble acquis que le NEW présentera une liste à Verviers, Nation n’a encore créé qu’une permanence à Liège et Démocratie nationale a tenu des séances d’information à Grivegnée et à Héron. Mais tous sont actifs sur Internet et ils sont surveillés de près par les organisations antifascistes. Qui sont donc ces nouvelles formations ? Eclairage avec deux spécialistes de l’extrême droite en Belgique.


Elles présentent un point commun, celui de ne pas se revendiquer de l’extrême droite, en se collant plutôt l’étiquette de nationalistes. "C’est typique des formations d’extrême droite de ne pas se considérer publiquement comme telles car elles ne veulent pas avancer avec le masque du diable, mais le programme est là", explique Manuel Abramowicz, de RésistanceS, le journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite.

Nation s’est formé il y a douze ans. "Une extrême droite pure et dure, issue de la mouvance néonazie, un petit groupe très militant et très sectaire", détaille-t-il. "Depuis les années 2000, Nation a investi de manière forte le Front national réunifié car, lorsqu’il se présente seul sur une liste, c’est un échec cuisant." Le mouvement a d’ailleurs participé à Liège, en novembre et décembre dernier aux côtés du FN hennuyer, à deux manifestations organisées à la suite des émeutes qui avaient éclaté après un rassemblement de proches d’un jeune homme abattu pendant un braquage à Esneux. En 2001, Nation a été condamné pour incitation à la haine et à la discrimination raciale pour des tracts distribués dans la capitale.

Le NEW tentera de conquérir l’électorat verviétois. "Le parti se donne des allures de droite pure et dure avec son imagerie utilisant un lion, à l’instar de certains partis flamands", indique Manuel Abramowicz. En mai, une caricature dépeignant un Arabe se faisant botter les fesses par un homme de type caucasien a été publiée sur son compte Facebook. Les Territoires de la mémoire ont interpellé le Centre pour l’égalité des chances. "Ils estiment qu’il n’y a pas matière à plainte mais nous ne laisserons rien passer. Le NEW est assez intelligent pour ne pas stigmatiser une communauté dans son programme mais on craint le faux pas pendant la campagne", déclare Dominique Dauby, présidente des Territoires de la mémoire.

Quant à Démocratie nationale, il s’agit d’une énième émanation du Front national. "Menée par le sulfureux Patrick Cocriamont qui avait prêté serment comme conseiller communal d’Anderlecht en 1994 en faisant le salut nazi", précise Manuel Abramowicz. Dans sa charte, le mouvement stigmatise l’immigration, le multiculturalisme et l’islam.

Aux Territoires de la mémoire, on s’inquiète d’une éventuelle percée de l’extrême droite aux élections d’octobre. "On sent, dans ce contexte de crise économique, une montée de la xénophobie. Selon un récent sondage, 5 % des francophones se disent prêts à voter pour l’extrême droite. Alors, il faut faire preuve de la plus grande vigilance", conclut Dominique Dauby.

Isabelle Lemaire

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