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04/06/2012

Anderlecht: Le PS reprendra-t-il le mayorat ?

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Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) a enfilé le costume de mayeur à la suite du décès de Jacques Simonet en 2007. Il a dû composer avec une majorité souvent déchirée.

Troisième commune la plus peuplée de la région bruxelloise avec plus de 112 000 habitants, Anderlecht est l’un des gros enjeux politiques de ce scrutin d’octobre prochain. Au centre de toutes les attentions : qui du MR ou du PS décrochera la timbale du mayorat ?


Pour mémoire, en 2000, le libéral Jacques Simonet met fin à 50 ans de socialisme à Anderlecht en ceignant l’écharpe mayorale. Il choisit pour alliés Ecolo-Agalev (aujourd’hui Groen !) et Anderl/CVP (aujourd’hui CD&V). La pilule reste très amère dans les rangs socialistes.

La campagne électorale de 2006 n’en est que plus tendue entre Jacques Simonet, tête de liste de la liste du bourgmestre (LB) et Eric Tomas, alors président du parlement bruxellois, tête de la liste commune PS-SP.A-CDH. Au soir des résultats, les urnes ont parlé : la LB aligne 18 sièges et le cartel PS-SP.A-CDH, 17, soit une confortable majorité de 35 sièges sur 45. Jacques Simonet conserve son mayorat tandis qu’Eric Tomas décide de se consacrer à la présidence du parlement bruxellois et que le socialiste Fabrice Cumps est désigné 1er échevin.

Le décès inopiné du charismatique bourgmestre anderlechtois et président des libéraux bruxellois, en juin 2007, va cependant bousculer l’échiquier politique local (mais aussi régional) et profondément marquer la population. A 33 ans, Gaëtan Van Goidsenhoven (MR), peu connu de la sphère politique, succède à Jacques Simonet. D’aucuns, surtout au PS, y voient une belle fenêtre d’opportunité pour tenter de redistribuer les cartes et redessiner les rapports de force lors de la législature 2012-2018.

"J’étais jeune en 2007 et je le suis toujours, confie le benjamin des bourgmestres bruxellois. J’ai essayé d’incarner une certaine forme de proximité et de disponibilité. Je fais plusieurs fois par semaine le tour des quartiers en porte à porte pour m’imprégner des différentes réalités et dialoguer avec les Anderlechtois. Je suis l’enfant du pays : je suis né à Anderlecht, j’y ai grandi, j’y vis. J’ai été le conseiller de Jacques Simonet pendant un moment mais aussi président de comité de quartier". Et si Gaëtan Van Goidsenhoven est bien conscient que sa commune représente "l’un des principaux enjeux électoraux", "je suis bien plus qu’un candidat MR; je suis d’abord et avant tout un citoyen anderlechtois parmi tant d’autres" .

D’ailleurs, "cette logique de la paralysie, au sein de la majorité, que certains avaient pronostiquée au départ de cette législature parce que j’étais un débutant et que, donc, cela n’allait pas fonctionner et que les équilibres nécessaires à une bonne majorité allaient être rompus, et bien non, elle n’a pas eu lieu", défend-t-il. Pour preuve, "quand je compte le nombre de dossiers qui ont pu aboutir dans un contexte financier difficile (mise sous tutelle régionale et crise économique), cela n’aurait pas été possible sans une volonté conjointe, poursuit-il. Certes, rien n’est jamais parfait, mais au bilan, nous avons bien travaillé. Moralement, nous n’aurions pas pu transformer le collège en ring de boxe".

Une analyse que ne partagent ni Philippe Debry (Ecolo) ni Walter Vandenbossche (CD&V). "C’est un collège de la zizanie, oppose le conseiller communal Ecolo, puisque l’on a vu fleurir au cours des six ans toutes sortes de discordes et de ruptures au sein de la majorité. Clairement, il y a deux coqs qui ne s’entendent pas : la liste du bourgmestre et le cartel socialiste/social-chrétien d’Eric Tomas".

Mais, pour lui, "le plus triste, c’est qu’au sein de chaque groupe, les déchirures se sont accentuées avec le temps". Il pointe ainsi "la double rupture" entre d’une part le MR et le FDF et, d’autre part, au sein même du FDF, entre "le nouveau FDF" de Danielle Depré et "le FDF canal historique" d’Anne-Marie Vanpévenage et de Jean-Jacques Boelpaepe. Des dissensions qui ont "des répercussions très nettes au niveau du collège", regrette M. Debry. Sans compter les déboires judiciaires de l’échevin des Classes moyennes Willy Raes (MR)

Du côté du PS-SP.A-CDH, "ce n’est pas beaucoup mieux", enchaîne-t-il. Il identifie là aussi "deux lignes de fracture" : l’une entre le PS et le CDH puisque Fatiha El Ikdimi, échevine CDH, "s’est vue retirer plus de la moitié de ses compétences"; l’autre, au sein du PS, entre "le clan Tomas (NdlR : président de la section locale) et le clan Laanan" (NdlR : en 2006, Fadila Laanan, ministre de la Culture à la Communauté française, n’avait pas été désignée échevine), deux fortes personnalités au sein du PS anderlechtois qui se livrent depuis 2006 une guerre sans merci en vue d’accéder au mayorat.

Bref, résume Walter Vandenbossche, "cette majorité n’a jamais réussi à être unie pour exécuter un programme, ce qui a énormément pesé sur la gestion communale".

Car si le costume de bourgmestre était un peu trop grand pour Gaëtan Van Goidsenhoven, "il a bien été obligé d’apprendre le métier en exerçant la fonction", admet l’élu CD&V. Mais, selon lui, la difficulté majeure pour le jeune mayeur, "c’est que le partenaire avec lequel il devait valser n’allait pas dans les mêmes pas que lui". Un "problème" qui pourrait bien se répéter si les électeurs plébiscitent à nouveau PS et MR. "Il faudrait éviter que ces confrontations continuent car, dans un contexte financier difficile, il faudra une équipe soudée pour fixer des priorités", prévient M. Vandenbossche.

Si MM. Van Goidsenhoven, tête de liste LB, et Tomas, tête de liste PS-SP.A-CDH (NdlR : Fadila Laanan ayant été écartée à la dernière place), se présentent comme candidats-bourgmestres, un accord pré-electoral aurait déjà été discuté. Eric Tomas raflerait alors le mayorat tant convoité tandis que Gaëtan Van Goidsenhoven s’effacerait pour devenir 1er échevin.

Officiellement, toutefois, majorité comme opposition répètent à l’envi que "l’électeur aura son mot à dire"

Stéphanie Bocart

Commentaires

Moi je resterai chez moi le dimanche 14 octobre : pas question d'aller voter !
Les taxes les plus élevées de l'agglomération bruxelloise et une gestion communale exécrable depuis de très nombreuses années (elle ne date pas de maintenant !), c'est tout ce qu'il y a à retenir d'Anderlecht !
Quand on pense aux milliers d'euros qu'il faut payer en taxe foncière pour avoir le droit d'occuper son logement et l'incurie de certains services communaux, c'est à grimper aux murs !
Et je ne parle pas de la saleté et de l'état de la voierie... Certaines rues ressemblent à des pistes africaines !

Écrit par : Rhet Buttler | 26/09/2012

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