Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

31/05/2012

Malaise au MR bruxellois

pict_423907.jpg

Les communales approchent et les gros bras sont déjà en campagne. Pour preuve, la sortie du vice-Premier ministre MR Didier Reynders, interviewé mercredi sur Bel RTL. Il y a quelques semaines, M. Reynders avait situé Molenbeek à l’étranger au perchoir du Sénat, provoquant la polémique. Celui qui sera candidat à Uccle pour les communales a, cette fois, affiché sa disposition à débattre de l’intégration à Bruxelles, un sujet qui, selon lui, constitue un "énorme problème", notamment à Molenbeek. Evoquant le "véritable échec d’une politique d’intégration dans un certain nombre d’endroits", il a notamment fait référence à "des ghettos qui se sont créés et qui se sont développés".


C’est l’ex-coprésidente d’Ecolo et chef de file des verts à Molenbeek, Sarah Turine qui la première est montée au créneau : "On ne peut pas mettre le couvercle et dire que tout va bien, mais pourquoi être dénigrant ? lançait-elle. Le MR a tendance, pour le moment, à surfer sur cette vague avec beaucoup de facilité, sans avancer de propositions."

Et de pointer la présence du MR dans la majorité aux commandes de Molenbeek. "Critique-t-il sa propre formation ?" s’est-elle demandé. Et de fait, la sortie radiophonique de Didier Reynders a quelque peu miné la bonne humeur du voyage au Maroc d’une poignée de mandataires libéraux. Organisé par la présidence du MR (Charles Michel était attendu hier soir sur place), celui-ci avait pour but de leur faire rencontrer quelques personnalités marocaines proches des idées libérales, de se rendre compte du travail associatif mené sur place. Et sans doute de se rendre sympathique aux yeux de la communauté en Belgique. Interrogée par téléphone, Françoise Schepmans, échevine MR à Molenbeek-Saint-Jean et candidate bourgmestre en octobre prochain, ne cachait pas son agacement. "Je veux bien accompagner les nouveaux bleus visiter les communes bruxelloises, confie-elle. Je connais le terrain et ce n’est pas en faisant des généralités à 7h du matin à la radio qu’on va faire avancer le débat. Je pense qu’il faut parler avant tout de manière positive. Sans pour autant tomber dans l’angélisme." Parmi la délégation MR, d’aucuns soulignaient que ce jeu des petites phrases donnait l’occasion aux autres partis de crier à la stigmatisation "la main sur le cœur". Rudi Vervoort, président de la fédération bruxelloise du PS, n’a évidemment pas manqué de condamner les propos de Reynders en affirmant qu’il s’en prenait "une nouvelle fois à une catégorie de Bruxellois".

Pour sa part, le député fédéral Denis Ducarme est venu soutenir le vice-Premier en rappelant qu’en matière d’intégration, les propositions MR avaient été ignorées et "que l’on n’avait pas suffisamment avancé ces dix dernières années". En cours de soirée, le président du MR, Charles Michel, confiait à "La Libre" que les propos de Didier Reynders étaient "dans la droite ligne de ce que le parti a toujours défendu et qu’il n’est nullement question de stigmatisation". Dont acte.

Matthieu Colleyn (avec belga)

Les commentaires sont fermés.