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20/05/2012

Le parti pirate candidat aux élections

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Un nouveau parti politique se présentera aux prochaines élections : le parti pirate. Venu de Suède, il est arrivé en Belgique en 2009. Et si, dès les élections anticipées de 2010, une liste a été formée dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, il est resté plutôt discret. " A l’époque, il n’avait pas eu beaucoup de succès ", se rappelle Pascal Delwit, politologue à l’ULB. En octobre, ils retenteront l’expérience des élections, au niveau communal et provincial cette fois.


"Parti pirate" le nom prête à sourire. " Le nom a été créé en suivant le principe de l’Aïkido. On reprend une insulte qu’on nous fait, celle de pirate. On la vide de sa substance et on lui redonne vie avec une nouvelle connotation ", explique Marouan El Moussaoui, responsable du parti pirate à Bruxelles. Le terme de parti a été conservé. " Nous assumons le fait de vouloir faire de la politique ", ajoute Marouan El Moussaoui.

Et la logique de la piraterie a été poussée jusqu’au bout par les créateurs du parti. Ainsi, un groupe de travail ouvert porte le nom d’escouade et le président de ce groupe de travail celui de capitaine. Les militants sont, quant à eux, simplement des pirates. C’est principalement le côté ludique de ces termes qui a poussé le parti à les employer. Mais ils sont également utilisés pour marquer la rupture. Le parti pirate ne serait pas un parti comme les autres.

Aujourd’hui, ils préparent leur campagne pour les communales d’octobre 2012. Pourtant, aucun programme n’est proposé par le parti pirate. " Nous proposons un projet de société ", souligne le responsable bruxellois. Trois grandes idées politiques sont tout de même mises en avant : la réforme des législations concernant le droit d’auteur, l’abolition des brevets sur les logiciels et les êtres vivants, et le renforcement de la protection de la vie privée des citoyens.

Le parti pirate se dit présent dans toute la Belgique. Des antennes régionales existent d’ailleurs dans toutes les provinces. Les fondateurs étant bruxellois, c’est peut-être dans cette ville qu’il y a le plus grand pourcentage de militants. "Le mouvement à surtout pris de l’ampleur dans deux villes flamandes, à Anvers et à Gand" , précise Paul Bossu, le responsable du parti pirate pour la Wallonie.

Au total, une centaine de membres auraient payé leur cotisation au parti. " Mais il ne faut pas forcément payer la cotisation pour nous soutenir . Nous avons beaucoup plus de sympathisants non payants ", ajoute Paul Bossu.

Alors que peuvent-ils espérer s’ils se présentent aux élections communales et provinciales ? Les deux responsables restent réalistes. En tant que jeune parti, ils n’attendent pas grand-chose des élections communales à part se faire connaître de la population. Pour les élections provinciales, le parti pirate à l’objectif de proposer au moins un candidat dans chacun des 69 districts du pays.

La campagne électorale du parti se focalisera autour d’un point : la possibilité de faire de la politique autrement. " Notre programme politique ne sera pas rédigé pour les citoyens, mais bien par les citoyens. Et ce ne sont pas les moyens techniques en ligne ou par téléphone qui manquent. La population est adulte et est capable de proposer ses propres idées ", explique Marouan El Moussaoui.

Une réunion de présentation du parti pirate à Bruxelles devrait être organisée la première quinzaine de juin. La date définitive n’a pas encore été fixée. Les listes pour les prochaines élections seront alors annoncées.

R.D (st)

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