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07/09/2011

En 30 ans, le paysage politique dans la périphérie s'est polarisé

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L'essor des listes francophones dans la périphérie bruxelloise s'est produit au détriment des listes bilingues, relève une enquête réalisée par le Centre d'études Vives de la KULeuven, qui met également en exergue les évolutions différentes des listes entre les 6 communes à facilités et les 13 autres communes de la périphérie. L'étude se concentre sur ce qui est considéré en Flandre comme le "Vlaamse Rand" (périphérie flamande), c'est-à-dire les 19 communes qui forment la première couronne autour de Bruxelles. Dans cette région, vit une majorité flamande à côté d'une minorité francophone très significative.


Globalement, les suffrages recueillis par les listes flamandes aux élections communales sont restés stables (75 pc) entre 1976 et 2006. Les listes francophones sont quant à elles passées de 15 à 20 pc tandis que les listes bilingues sont passées de 10 à 5 pc.

Dans les 6 communes à facilités, la situation est beaucoup plus contrastée: la part de suffrages recueillie par les listes francophones a augmenté, de 30 pc à près de 60 pc tandis que les listes flamandes et bilingues sont passées de 35 pc à près de 20 pc. Le phénomène est particulièrement remarquable à Crainhem, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse et Wezembeek-Oppem, où le gain des listes francophones oscille entre 20 pc et 40 pc (de 57,6 à 76,4 pc à Crainhem, de 52,4 à 83,8 pc à Linkebeek, etc.). Wemmel et Drogenbos ont fait exception jusqu'en 2006, quand elles étaient dominées par des listes bilingues. A Dilbeek, Grimbergen, Hoeilaart, Overijse et Vilvorde, les listes flamandes disposent toujours d'une majorité claire et la situation est stable. A Beersel, Tervueren et Zaventem, les listes francophones enregistrent une hausse légère mais constante (elles récoltent de 15 à 20 pc des voix). A Leeuw-Saint-Pierre, le score de la liste francophone est passé de 10,6 pc à 21,2 pc. En trente ans, le paysage politique dans la périphérie s'est donc polarisé, souligne l'étude qui s'interroge sur les raisons de ce phénomène, particulièrement dans les 6 communes à facilités.

"Une politique flamande ferme peut faire en sorte que les francophones se sentent visés, ce qui entraîne l'augmentation du poids électoral francophone. Une stratégie d'évitement du conflit pourrait peut-être donner moins de poids aux listes francophones. Ces choix politiques peuvent être déterminants pour le succès des listes francophones et méritent que l'on y prête attention", a souligné Wout Frees, l'auteur de l'étude réalisée pour Vives, un centre d'études dont le conseil d'administration est considéré comme proche des milieux nationalistes flamands.

Belga

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